D'intenses tractations se poursuivaient à l'heure où nous mettions sous presse, mardi 25 octobre, entre le gouvernement fédéral et les entités fédérées en Belgique pour lever le veto de trois d'entre elles - la Région wallonne, la Région Bruxelles-Capitale et la Fédération Wallonie-Bruxelles - à l'approbation, par la Belgique, de la signature de l'accord de libre-échange UE/Canada (CETA), qui était toujours espérée par le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, lors d'un sommet UE/Canada le 27 octobre à Bruxelles.
« On ne peut pas confirmer ni infirmer la tenue du sommet jeudi. Il y a encore de l'espoir », nous confiait une source proche du dossier au Conseil, mardi en début de soirée.
Une décision en ce sens restait suspendue à l'issue d'une nouvelle réunion de concertation, commencée en milieu d'après-midi, à 16 heures, entre le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, flanqué d'une équipe de conseilleurs diplomatiques du Premier ministre belge, Charles Michel, et les dirigeants de toutes les entités fédérées belges.
La réunion faisait suite à des contacts de travail opérés mardi matin, où un texte à consolider avait été élaboré. « Le but est de travailler, de voir quelles sont les demandes et les réponses de chacun. J'espère que l'on va conclure le plus tôt possible », avait indiqué M. Reynders, avant la réunion.
« Nous venons négocier de bonne foi. J'ai toujours dit que nous n'étions pas contre un accord avec le Canada. Mais nous ne voulons pas, ni maintenant ni demain, d'arbitrage privé. Nous pensons que les conflits entre les multinationales et les États doivent être tranchés par des juridictions publiques, qui défendent l'intérêt public, qui défendent l'environnement, la sécurité sociale et les secteurs publics », avait déclaré, de son côté, le ministre-président de la Région wallonne, Paul Magnette. « On a déjà reçu trois ultimatums, on ne tolérera pas un quatrième, sinon nous cesserons les négociations. On ne peut pas nous demander de passer outre les procédures parlementaires », avait-il en outre prévenu.
De son côté, la Commission continuait de suivre de près ce processus. « La Commisison continue à travailler pour achever un état positif des discussions qui permettent à l'UE de signer l'accord avec le Canada. La Belgique est encore en train d'établir sa position à travers des procédures institutionnelles pertinentes et son ordre constitutionnel. Nous le respectons », avait indiqué un porte-parole de l'institution, Alexander Winterstein, mardi midi. « Ce qu'il faut maintenant, c'est de la patience », avait-il ajouté, répétant que « la Commission ne travaillait pas avec des ultimatums et des délais ». (Emmanuel Hagry)