Réunis vendredi 21 et samedi 22 octobre à Oslo pour engager une réflexion sur des résultats concrets envisageables lors de la 11ème conférence ministérielle de l'OMC en décembre 2017 à Buenos Aires, les ministres du Commerce de 25 pays membres de l'organisation ont eu des « discussions constructives sur un grand nombre de questions relatives au travail de l'OMC et à d'autres négociations commerciales, à court et moyen terme », a résumé le ministre norvégien des Affaires étrangères, Børge Brende, après la réunion.
« Avec une croissance lente du commerce mondial et le protectionnisme croissant comme toile de fond de la réunion, les ministres ont souligné la nécessité d'un engagement politique continu menant à la conférence de Buenos Aires. La réunion d'Oslo a fourni une nouvelle inspiration pour de nouvelles négociations et nous avons jeté une bonne base pour des résultats concrets », a souligné M. Brende.
Le renforcement du système commercial multilatéral et les nouvelles négociations à l'OMC, les accords de libre-échange régionaux et les intérêts des pays en développement étaient au centre des discussions, a aussi assuré le ministre norvégien.
S'exprimant après la réunion, le ministre néo-zélandais du Commerce, Todd McClay, a, de son côté souligné une convergence de vues avec la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, sur l'importance de travailler à l'OMC en vue de réduire les barrières non tarifaires, de traiter les subventions nocives à la pêche et de réformer le soutien interne en agriculture. « Mme Malmström et moi sommes engagés à progresser sur ces questions importantes, à Genève, dans le cadre des préparatifs de la conférence de Buenos Aires », a indiqué M. McClay, faisant part de « l'émergence d'un consensus parmi quelques pays membres de l'OMC sur ces questions ».
« Beaucoup de travail reste cependant à faire avant de s'attendre à un résultat crédible. Pour la Nouvelle-Zélande, les barrières non tarifaires et le soutien interne en agriculture demeurent des questions qui faussent les échanges et qui doivent être traitées. Avec l'accord sur la suppression des subventions des exportations agricoles obtenu fin 2015, nous avons vu un certain progrès, mais mon opinion profonde est que beaucoup plus doit être fait », a insisté le ministre néo-zélandais.
La ministre indienne du Commerce, Nirmala Sitharaman, a, pour sa part, indiqué avoir insisté sur la nécessité de créer une situation de concurrence pour les pays en développement en matière de commerce agricole « en traitant des inégalités et distorsions qui menacent les moyens de subsistance de millions d'agriculteurs pauvres dans le monde ». Concernant les subventions à la pêche, Mme Sitharaman a plaidé pour des dispositions spéciales et différenciées pour les pays en développement. Enfin, elle a milité pour la facilitation du commerce dans le secteur des services. (Emmanuel Hagry)