L’agenda urbain et l’avenir de la politique de cohésion sont les deux grands sujets en arrière-plan de la Semaine européenne des régions et des villes, qui se tient à Bruxelles du lundi 10 au jeudi 13 octobre. Toutefois, le dialogue structuré sur le gel des engagements des fonds structurels espagnols et portugais pour 2017 s’invitera sûrement dans les discussions.
Officiellement, trois grands thèmes seront à l’honneur durant ces trois jours, a expliqué la commissaire à la Politique régionale, Corina Crețu, à la presse : - assurer une croissance économique soutenue et durable ; - garantir une croissance économique intégratrice ; - simplifier la politique de cohésion.
Sur la base de ces différents thèmes, les quelque 6 000 participants aborderont dans 120 ateliers de nombreux points liés à l’agenda urbain pour l'UE, voté plus tôt dans l’année (EUROPE 11552). Ainsi, les diverses priorités de l’Agenda, à savoir la pauvreté urbaine, le logement, la qualité de l’air, l’intégration des migrants et réfugiés seront discutées. Mercredi, un atelier dressera le bilan sur les progrès réalisés depuis l’adoption de cette nouvelle politique et le lancement des prochains partenariats. Le même jour, l’Agenda urbain sera également débattu par la commission de la politique de cohésion territoriale et du budget de l’UE (COTER) du Comité des régions et la commission du développement régional (REGI) du Parlement européen lors d’une réunion conjointe sur l’amélioration des performances dans le cadre de la politique de cohésion. La Commission européenne compte, de son côté, présenter une nouvelle plateforme de données sur la politique urbaine, toujours ce mercredi.
Alors que les résultats et conclusions pour la période 2007-2013 ont été présentés dernièrement (EUROPE 11641), l’avenir de la politique de cohésion pour l’après 2020 sera, à n’en pas douter, sur toutes les lèvres. À cette occasion, le vice-président du Comité des régions, Karl-Heinz Lambertz, fera une intervention mardi 11 octobre. Le 'Brexit' devrait, à ce titre, hanter les différents débats. Interrogé par une journaliste, le président du CdR, Markku Markkula, a déclaré que la sortie du Royaume-Uni aura mécaniquement un impact sur le cadre financier pluriannuel. Il faudra alors, selon lui, avoir une attitude « ouverte » sur la question, anticipant une éventuelle compression de l’enveloppe attribuée à la politique de cohésion. Les audits devront ainsi se concentrer plutôt sur les résultats et la performance des programmes que sur le respect des procédures, selon lui.
Enfin, hasard du calendrier, l’événement se tient en concomitance avec le dialogue structuré sur le gel des engagements des fonds structurels espagnols et portugais. La commissaire à la Politique régionale a indiqué à EUROPE que la Commission attendait la fin du dialogue structuré et la présentation des plans budgétaires des deux États membres, le 15 octobre, avant de se prononcer. À ce titre, elle n’a pas repoussé la proposition émise par certains eurodéputés de prévoir un gel à hauteur de 0% (EUROPE 11638 et autre nouvelle dans ce bulletin).
Pour rappel, Mme Crețu était députée au Parlement européen lorsque le règlement portant dispositions communes (1303/2013) et comportant le principe de conditions macroéconomiques a été adopté. La commissaire a semblé botter en touche quand EUROPE lui a demandé sa position sur les conditions macroéconomiques à l'époque, répondant qu’elle était actuellement dans une situation « inconfortable ». (Pascal Hansens)