Pour lutter contre la malnutrition, réaliser le programme universel de développement durable à l’horizon 2030 et atteindre l’ODD n°2 – celui d’éliminer la faim - le Parlement demande que tous les acteurs mondiaux, à tous les niveaux, agissent véritablement de façon coordonnée et accélérée.
La résolution sur les objectifs mondiaux et les engagements de l’UE en matière de nutrition et de sécurité alimentaire dans le monde, adoptée la semaine dernière à Strasbourg (450 voix pour, 213 contre, 13 abstentions), est un plaidoyer pour que la communauté internationale, l’UE et les pays en développement s’attaquent aux causes profondes et systémiques de la faim et de la malnutrition. Tous sont invités à s’abstenir d’élaborer des stratégies de nutrition fondées uniquement sur l’apport calorique et la prescription de traitements médicaux.
« Le réinvestissement dans la production alimentaire locale, axé sur les petits producteurs alimentaires et les pratiques agroécologiques, est une condition essentielle de la réussite des stratégies en matière de nutrition », souligne le PE. Les députés ont à cœur de voir rompre avec les pratiques du passé qui ont consisté à promouvoir une agriculture axée sur l’exportation au détriment des exploitations familiales produisant des cultures vivrières.
Ils sont préoccupés par le fait qu’un tiers des aliments produits dans le monde, soit 1,3 milliard de tonnes, est gaspillé. Dans la seule UE, 88 millions de tonnes sont gaspillées chaque année quand 842 millions de personnes (12% de la population mondiale) meurent de faim, soulignent-ils en prônant la lutte contre ce gaspillage. Ils déplorent aussi vivement l’accaparement des terres pratiqué par les investisseurs étrangers qui contribue à l’insécurité alimentaire et à la pauvreté et demandent à la Commission de proposer un plan d’action contre ce fléau.
La Commission européenne et les États membres sont invités à veiller à la cohérence des politiques au service du développement, ce qui nécessite aussi, selon eux, de supprimer les incitants aux biocarburants entrant en concurrence avec la production alimentaire. (Aminata Niang)