Bruxelles, 12/07/2016 (Agence Europe) - La porte-parole du Service européen pour l'action extérieure a dénoncé, mardi 12 juillet, l'adoption par la Knesset israélienne, lundi 11 juillet dans la soirée, d'une loi qui exige que les organisations sans but lucratif qui reçoivent plus de 50% de leur financement de gouvernements étrangers le déclarent officiellement.
Selon la porte-parole, ces exigences vont « au-delà du besoin légitime de transparence et semblent viser à contraindre les activités de ces organisations de la société civile travaillant en Israël ». « Nous demandons à Israël de continuer à promouvoir son secteur actif d'ONG et de s'abstenir de toute action qui pourrait compliquer l'environnement dans lequel les organisations de la société civile fonctionnent et restreindre la liberté d'expression et d'association », a-t-elle ajouté. La porte-parole a estimé que la nouvelle loi risquait de compromettre les valeurs que partagent Israël et l'UE, précisant que l'État hébreu bénéficie d'une démocratie dynamique, de la liberté de parole et d'une société civile diversifiée.
Selon ses détracteurs, la loi, adoptée après un long débat par 57 voix contre 48, cible les groupes de gauche qui font campagne pour les droits des Palestiniens. Elle devrait concerner 25 organisations (EUROPE 11568).
L'UE, qui a fait du dialogue avec le monde associatif dans son voisinage méridional et oriental un élément important de la relation avec ces pays (EUROPE 11575), observe qu'il est difficile, dans ces circonstances, de mener de façon aboutie la coopération avec les sociétés civiles. Les ONG euro-méditerranéennes ont annoncé le 16 juin leur intention de créer une plateforme régionale de la société civile sous l'égide d'Euromed Rights (anciennement le REMDH, Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme). (Camille-Cerise Gessant et Fathi B'Chir)