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Bulletin Quotidien Europe N° 11592
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) chine

Donald Tusk prie Pékin de respecter les règles internationales

Bruxelles, 12/07/2016 (Agence Europe) - À l'ouverture du sommet UE/Chine, mardi 12 juillet à Pékin, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé la Chine, impliquée dans de vifs contentieux territoriaux au niveau régional et commerciaux au niveau mondial, à respecter le système juridique international.

« Nous sommes venus ici pour discuter de défis communs et pour le faire d'une manière amicale. Un de ces défis est la protection de l'ordre international basé sur des règles. C'est peut-être le plus grand défi devant nous. C'est à la fois dans l'intérêt chinois et européen de protéger la coopération internationale basée sur des règles communes », a déclaré M. Tusk, au début du sommet auquel il participait aux côtés du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et du premier ministre chinois, Li Keqiang.

Peu avant la publication par la Cour permanente d'arbitrage de la Haye, appuyée par l'ONU, d'une décision relative au différend territorial entre la Chine et les Philippines en mer de Chine du Sud, M. Tusk avait appelé la Chine à respecter le droit international. « Un ordre international basé sur le droit est dans notre intérêt commun et la Chine et l'UE doivent le protéger », a-t-il insisté.

La Cour d'arbitrage de La Haye a conclu que la Chine n'avait pas de « droits historiques » justifiant ses prétentions de souveraineté en mer de Chine méridionale. Un verdict aussitôt rejeté par le régime chinois, le ministère chinois des Affaires étrangères estimant que la Cour d'arbitrage de La Haye n'avait « aucune juridiction » en la matière.

Le président chinois, Xi Jinping, qui a rencontré les présidents Tusk et Juncker lors d'un dîner de gala organisé mardi soir dans le cadre du sommet, a confirmé que la Chine n'accepterait aucune proposition ou action basée sur la décision de ce tribunal arbitral sur la question de la mer de Chine méridionale.

« Les îles en mer de Chine méridionale font partie du territoire de la Chine depuis l'antiquité. La souveraineté territoriale et les intérêts maritimes de la Chine concernant la mer de Chine méridionale ne sauraient en aucune circonstance être affectés par cette décision », a insisté le président Xi, selon des propos relayés par l'agence Xinhua News.

« La Chine est depuis toujours un défenseur de l'État de droit, de l'égalité et de la justice internationale et s'en tiendra à une voie de développement pacifique. La Chine est fermement attachée à la paix et à la stabilité en mer de Chine méridionale et à résoudre les différends avec les pays directement concernés au travers de négociations, sur la base du respect des faits historiques et conformément au droit international », a-t-il poursuivi.

La Chine revendique sa souveraineté sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, en conflit avec des pays riverains aux prétentions rivales (Philippines, Vietnam, Malaisie et Brunei notamment).

En référence aux différends commerciaux avec la Chine, dus à ses pratiques commerciales déloyales - l'exportation massive sur les marchés étrangers de produits subventionnés par l'État ou les discriminations à l'égard des entreprises étrangères sur le marché chinois - M. Tusk a aussi appelé la Chine à se conformer aux règles du système commercial multilatéral.

« La mondialisation amène beaucoup d'avantages pour nos nations. Malheureusement, de plus en plus de gens estiment que cela se produit sans règles. Si nous laissons ces sentiments croître, si beaucoup commencent à croire que la mondialisation et le commerce international peuvent se passer de règles communes ou aller à leur encontre, alors les économies européenne et chinoise seront les premières victimes, sans parler des populations », a-t-il averti.

L'UE étudie actuellement l'opportunité d'octroyer à la Chine le statut d'économie de marché qui, sans mesures accompagnatrices adéquates, laisserait l'économie européenne sans protection face au commerce déloyal chinois. « La Chine espère que l'UE respectera ses obligations concernant l'article 15 du protocole sur l'adhésion de la Chine à l'OMC, comme prévu », a insisté le président Xi à cet égard.

Auparavant, le Premier ministre chinois Li Keqiang, avait souligné le vœu de la Chine de conclure un accord sur l'investissement avec l'UE « à une date rapprochée » et de mener une étude de faisabilité d'un accord de libre-échange UE/Chine. M. Li avait aussi appelé les parties à renforcer la coopération bilatérale en matière de construction d'infrastructures, de réseau 5G, de sécurité des réseaux, de secteurs maritimes et d'échanges de peuple à peuple.

Enfin, le président chinois et les dirigeants de l'UE ont, chacun de leur côté, assurés mardi que la sortie du Royaume-Uni de l'UE n'affecterait pas les relations UE/Chine. « La Chine ne changera pas sa politique de soutien à l'intégration européenne et est heureuse de voir une UE prospère et stable ainsi qu'un Royaume-Uni prospère et stable », a insisté le président Xi. (Emmanuel Hagry)

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