Bruxelles, 08/06/2016 (Agence Europe) - Dans une lettre adressée mardi 7 juin au président de la Commission européenne, les présidents du Copa et de la Cogeca demandent à M. Juncker de prendre en compte les préoccupations des agriculteurs européens et de renouveler l'autorisation du glyphosate.
Le 6 juin dernier, les experts des États membres n'ont pas réuni la majorité qualifiée requise pour approuver (ou rejeter) la dernière proposition de la Commission: celle d'une extension technique temporaire de la licence d'autorisation du glyphosate jusqu'au 31 décembre 2017 au plus tard, le temps que l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) se prononce sur la toxicité de cette substance active (EUROPE 11566). Or, la licence du glyphosate expire le 30 juin dans l'UE. En l'absence de majorité qualifiée des États membres, un comité d'appel devrait être officiellement saisi.
« Le fait de ne pas renouveler l'autorisation ébranlerait la confiance dans l'ensemble du système de sûreté alimentaire de l'UE et, en particulier, dans le rôle de l'EFSA », soulignent Martin Merrild et Thomas Magnusson, présidents, respectivement, du Copa et de la Cogeca. L'EFSA, l'Autorité européenne de sécurité des aliments, avait conclu en 2015 qu'il est « improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l'homme ». Mais cet avis de l'EFSA est contesté. Par exemple, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) l'a classé comme cancérigène probable.
Les présidents du Copa et de la Cogeca rappellent que le glyphosate est une substance active qui est largement utilisée dans les pesticides dans tous les secteurs et dans tous les pays de l'UE pour lutter contre les mauvaises herbes dans les cultures. « Le retrait de cette substance active peut avoir un impact négatif sur le climat et l'utilisation des terres », lit-on dans la lettre. Le glyphosate est autorisé dans tous les États membres pour une large gamme d'utilisations, il peut être adapté à différentes conditions de production et il est vendu à un prix raisonnable. « En ce moment, il n'y a pas d'autre solution unique qui réponde à tous ces critères », rappellent les auteurs de la lettre.
Ils estiment ainsi que le retrait de cette substance active créerait des perturbations sérieuses sur le marché, touchant plusieurs secteurs de l'agriculture dans l'UE, mettant ainsi en péril la compétitivité des agriculteurs européens sur le marché mondial. Ceci est particulièrement vrai pour le secteur des céréales.
Le Copa et la Cogeca soulignent que le retrait du glyphosate dans l'UE profiterait aux pays tiers qui exportent vers l'UE, car cette substance serait encore disponible pour eux. (Lionel Changeur)