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Bulletin Quotidien Europe N° 11568
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) dÉveloppement

'non' à l'accaparement des terres en Afrique sous couvert de 'Nouvelle Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire'

Strasbourg, 08/06/2016 (Agence Europe) - La 'Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique' (NASAN), cette initiative du G8 soutenue par l'UE pour développer l'agriculture en partenariat avec les entreprises locales, suscite la méfiance du Parlement européen. En témoigne une résolution adoptée mardi 7 juin à Strasbourg à une large majorité (577 voix pour, 24 contre, 69 abstentions) qui met en garde contre une forme de néocolonialisme portant en lui le germe de l'accaparement des terres en Afrique subsaharienne au détriment d'une agriculture durable.

Les projets NASAN doivent intégrer des mesures de protection de l'environnement et des garanties contre l'accaparement des terres, affirment les eurodéputés, convaincus que certains aspects de cette Alliance mondiale pourraient représenter une menace pour les droits des agriculteurs et pour l'environnement. Afin de mieux cibler les objectifs de développement, il incombe à l'UE de s'attaquer notamment aux problèmes de transparence et de gouvernance, estiment-t-ils.

« Le soutien aux exploitations familiales et aux petits producteurs est le meilleur moyen de combattre la faim dans de nombreuses régions d'Afrique. Or, l'aide au développement de l'UE va à la Nouvelle alliance, qui sape la production alimentaire durable, locale et à taille humaine. De récentes études ont révélé des cas d'accaparement des terres par des compagnies privées, cofinancées indirectement par l'UE. Si la Nouvelle alliance ne remédie pas aux problèmes graves que nous observons, l'UE devra retirer son soutien à cette initiative », a déclaré Maria Heubuch (Verts/ALE, allemande), rapporteur à l'origine de cette résolution non législative.

Notant que les exploitations familiales et les petits producteurs ont été en grande partie exclus des négociations, le Parlement appelle les entreprises à établir des mécanismes d'appel ainsi qu'à publier des rapports annuels. Afin de protéger les droits fonciers des agriculteurs et d'empêcher l'accaparement des terres, il demande que tous les investissements fassent l'objet, d'une analyse d'impact préalable.

Pour éviter la répétition en Afrique des erreurs de la 'révolution verte' en Asie dans les années 1960, les eurodéputés estiment que la NASAN devrait restreindre l'usage de fertilisants chimiques et de pesticides et éviter l'irrigation extensive de certaines zones, qui réduit la disponibilité de l'eau pour les petits exploitants. Il est en outre vital de développer la résilience au changement climatique, rappelle la résolution.

Les députés soulignent que les gouvernements d'Afrique devraient investir dans les systèmes de production locaux pour soutenir l'économie rurale, des emplois de qualité et les droits sociaux. Selon eux, il convient aussi de soutenir le droit des agriculteurs à produire, échanger et vendre des semences librement, une activité sur laquelle reposent 90% des moyens de subsistance des agriculteurs en Afrique. (Aminata Niang)

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