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Bulletin Quotidien Europe N° 11551
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement

Les ministres européens veulent intégrer la migration et la sécurité dans la politique future de l'UE

Bruxelles, 13/05/2016 (Agence Europe) - La multiplication des conflits dans le monde, la crise des réfugiés à laquelle l'UE est confrontée et les contraintes budgétaires des États membres étaient dans tous les esprits, jeudi 12 mai à Bruxelles, lors du premier débat exploratoire des ministres européens du Développement sur les orientations futures de la Politique de développement de l'UE (EUROPE 11548).

Intégrer les questions des migrations et de la sécurité dans cette politique sont deux préoccupations exprimées par les ministres, tout comme celles d'impliquer davantage le secteur privé, en tant que vecteur multiplicateur de l'aide publique des États, et de poursuivre la programmation conjointe de l'aide (UE/États membres) en tant qu'instrument collectif contribuant sensiblement à l'efficacité de l'aide (EUROPE 11550).

Ces grandes lignes se sont dégagées du débat d'orientation sur le contenu à donner au futur 'Consensus européen pour le développement', ce cadre établissant depuis 2005 la vision, les principes et les priorités de la politique de développement, qui doit être révisé pour l'adapter à la mise en œuvre des objectifs universels de développement durable à l'horizon 2030.

Vers une politique de développement plus complexe « Nous sommes d'accord avec les ministres pour intégrer dans nos politiques de développement des questions moins traditionnelles, comme la migration et la sécurité. Nous allons débuter les travaux à ce sujet dans les mois qui viennent. Nous nous orientons vers une politique de développement beaucoup plus complexe », a déclaré la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE, Federica Mogherini, à l'issue de la session. Et d'ajouter: « L'UE est le premier donateur. Nous avons décidé d'accroître notre coordination dans la programmation conjointe. Les résultats sont impressionnants. Nous allons la poursuivre dans les pays en crise, comme la Libye et la Palestine, mais auss,i dès demain, en Afghanistan, en Éthiopie, au Mali. La programmation conjointe peut faire la différence en termes d'impact et de résultats sur le terrain ».

La Commission européenne fera des propositions en novembre. «Avec 869 millions d'euros d'aide publique au développement fournis en 2015, nous ne souhaitons pas seulement être le plus gros bailleur de fonds au monde, mais aussi le meilleur », a renchéri le commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement, Neven Mimica. Selon lui, trois orientations guideront les propositions que la Commission fera en novembre: - le renforcement du lien entre paix, sécurité et développement ; - la migration et le développement et l'action humanitaire et le développement, - l'aide publique au développement plus efficace, du point de vue de l'utilisation des de fonds, mais aussi en termes réels.

« En nous engageant aux cotés du secteur privé, des institutions financières, nous pouvons faire décoller des projets. Une sorte de plan d'investissement extérieur apporterait de la valeur ajoutée à l'APD officielle. Nous allons y œuvrer avec la BEI (Banque européenne d'investissement: NDLR)», a-t-il assuré.

L'importance centrale du numérique dans l'aide au développement (paiements par téléphone mobile, carte santé numérique, développement des réseaux sociaux pour sensibiliser à certaines causes sanitaires par exemple) a été mise en exergue lors du débat. À l'initiative de la Belgique, soutenue par 13 pays qui avaient écrit à Mme Mogherini et M. Mimica, un projet de note sur cette idée devrait faire l'objet d'un document de travail de l'UE cette année.

Des financements innovants. Les ministres ont beaucoup parlé aussi de l'innovation dans le financement du développement qui verrait des investisseurs privés préfinancer certains projets. C'est le cas, par exemple, du projet d' « impact bonds' », une initiative de la Belgique et du CICR, annoncée au Forum de Davos, pour le préfinancement d'un programme de réhabilitation de personnes handicapées, qui sera présenté, avec les investisseurs (des compagnies d'assurances notamment), au sommet humanitaire mondial d Istanbul (23-24 mai). « On définit les objectifs et les indicateurs de mesure. Si les objectifs sont atteints, les donateurs - la Belgique et les Pays-Bas - rembourseront le capital avec un rendement. S'ils ne sont pas atteints, le rendement sera plus bas et la Croix Rouge paiera un simple dédommagement. Un financement axé sur les résultats présente l'avantage de mobiliser des fonds privés dans des secteurs autres qu'économiques. Pour l'État, c'est un partage de risques », a expliqué à la presse le Vice-Premier ministre et ministre belge de la Coopération au Développement, Alexander De Croo. (Aminata Niang)

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