Bruxelles, 12/05/2016 (Agence Europe) - Les ministres de l'Agriculture des États membres de l'UE vont débattre, mardi 17 mai à Bruxelles, de la prise en compte du secteur agricole dans les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l'UE après 2020 (voir aussi EUROPE 11504).
Le commissaire européen à l'Action pour le climat et à l'Énergie, Miguel Arias Canete, participera au débat au sein du Conseil Agriculture, mais cet échange de vues ne devrait pas donner lieu à des conclusions formelles.
Les secteurs de l'agriculture et de l'affectation des sols, changement d'affectation des sols et foresterie (LULUCF pour Land use, Land Use Change and Forestry) ne sont pas couverts par le système communautaire d'échange de quotas d'émission (SEQE). Mais ces secteurs devront participer à l'effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le 'cadre pour le climat et l'énergie à l'horizon 2030'. Des propositions législatives de la Commission sont attendues sur ce dossier le 29 juin.
L'accord de décembre 2014 des chefs d'État et de gouvernement de l'UE prévoit en effet qu'une stratégie pour la prise en compte des émissions liée au secteur LULUCF soit élaborée avant 2020 « dès que les conditions techniques le permettront ».
Trois options sont sur la table pour prendre en compte ces émissions: - maintenir l'utilisation des terres en dehors des efforts de réduction des émissions de CO2 et comptabiliser séparément celles liées à l'agriculture ; - créer des objectifs européens pour l'utilisation des sols, y compris dans le secteur agricole, ce qui permettrait d'y intégrer des systèmes de gestion de l'utilisation des sols ; - créer un grand « pilier » 'agriculture et utilisation des sols', dans lequel les émissions agricoles pourraient être en partie compensées par l'absorption de CO2 dans les sols pour la comptabilisation des objectifs nationaux.
La première option et la troisième option sont celles qui semblent avoir la préférence des États membres, à ce stade. Lors de la réunion du Comité spécial agriculture (CSA) du 10 mai, un certain nombre d'États membres ont demandé à la Commission de leur fournir davantage d'informations sur les avantages et les inconvénients de chacune des options. La Commission analyse toujours la façon de procéder sur ce dossier très complexe: en effet, l'agriculture a un potentiel limité d'atténuation de ses émissions, mais elle a un fort potentiel de séquestration du carbone (dans les sols, via le reboisement…). Comment en tenir compte dans la législation et relier le tout à la bio-économie ? C'est à ces questions que vont devoir répondre les ministres de l'Agriculture de l'UE. (Lionel Changeur)