Bruxelles, 12/05/2016 (Agence Europe) - Condamnant fermement la décision de la Cour suprême de Crimée du 26 avril 2016 d'interdire l'Assemblée des Tatars de Crimée, le Mejlis, les députés européens ont demandé, jeudi 12 mai, que « soit envisagée l'extension de la liste des personnes visées » par des sanctions européennes, à la suite de cette interdiction.
Dans la résolution adoptée, le Parlement exige également l'annulation « immédiate » de la décision de la Cour suprême, décision qui constitue selon lui une « persécution systémique et directe de la communauté tatare de Crimée » et « une tentative de les expulser de Crimée, qui est leur patrie historique ».
Les députés européens exhortent la Russie « qui, au sens du droit international, porte la responsabilité ultime d'État d'occupation », « à respecter l'ordre juridique de ce territoire, à protéger les citoyens de Crimée contre les mesures et décisions judiciaires et administratives arbitraires (…) et à mener des enquêtes internationales indépendantes sur les violations du droit international ou des droits de l'homme commises par les forces d'occupation et par leurs autorités locales ». Ils appellent également Moscou à « mettre un terme aux poursuites pour motifs politiques menées contre des dissidents et des militants de la société civile ».
Rappelant sa condamnation de l'annexion illégale de la Crimée par la Fédération de Russie, le Parlement se dit d'ailleurs « convaincu que le rétablissement du contrôle ukrainien sur la péninsule est une condition essentielle en vue de rétablir des relations de coopération avec la Fédération de Russie ». (Camille-Cerise Gessant)