login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11533
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) migration

L'Italie plaide pour un 'pacte migratoire' avec les pays africains

Bruxelles, 15/04/2016 (Agence Europe) - S'inquiétant d'une recrudescence des arrivées de migrants sur ses côtes depuis l'Afrique du Nord, l'Italie suggère d'étoffer le volet extérieur de la réponse européenne au défi migratoire en s'inspirant de l'expérience acquise avec l'accord UE/Turquie qu'elle juge innovant.

L'accord UE/Turquie sur la migration représente « une première tentative concrète de coopération élargie et renforcée avec un pays tiers qui (…) démontre comment il est possible d'élaborer des actions efficaces dans la gestion de flux migratoires. Nous pensons qu'un tel accord ne doit pas rester un événement isolé », a déclaré le Premier ministre italien, Matteo Renzi, dans une lettre transmise vendredi 15 avril aux dirigeants européens et dont EUROPE a eu copie. Le 'pacte migratoire' que préconise l'Italie combine une offre de l'UE en termes de soutien financier et opérationnel et des engagements précis de la part de pays tiers tels que des « contrôles efficaces des frontières, une réduction des flux migratoires, une coopération en matière de rapatriement et de réadmission, une lutte renforcée contre le trafic d'êtres humains ».

Dans son document de réflexion, Rome propose d'identifier tout d'abord « des pays partenaires clés » avec lesquels coopérer sur la question migratoire. Aucun pays africain n'est explicitement mentionné à part la Libye, pays de transit de migrants surtout 'économiques' et dont la stabilisation constitue « une priorité stratégique », pour les autorités italiennes. Celles-ci sont d'avis que l'opération EUNAVFOR Med Sophia, qui vise à lutter en Méditerranée contre les passeurs de migrants, devrait être étoffée « lorsque les conditions seront réunies ». L'éventualité d'étendre le mandat de cette opération aux eaux territoriales libyennes devrait être évoquée lundi 18 avril par le Conseil Affaires étrangères, comme l'a suggéré la Haute Représentante de l'UE, Federica Mogherini, alors qu'elle visitait, vendredi, le centre de commandement de l'opération navale.

Selon le 'pacte migratoire' avancé par l'Italie, l'engagement de l'UE envers les pays tiers africains serait multiple: une coopération dans le domaine de la sécurité (gestion des flux migratoires, soutien au système judiciaire), la création d'opportunités de migration légale dans l'UE, des régimes de réinstallation pour les pays tiers établissant des régimes nationaux d'asile, le financement de projets d'investissements à fort impact social, la création d'instruments financiers innovants ('EU-Africa bonds').

En échange, l'UE demanderait aux pays tiers de s'engager à contrôler efficacement leurs frontières en vue de réduire les flux migratoires vers l'Europe. L'identification des migrants pouvant prétendre à une protection internationale et des migrants dits 'économiques' devrait se faire le plus possible en amont, avec le soutien d'agents européens localisés dans les pays tiers. Ceux-ci coopéreraient dans le cadre de politiques de retours et de réadmission des migrants 'économiques' de l'UE vers les pays tiers de transit et des pays tiers de transit vers les pays tiers d'origine. Enfin, les pays tiers établiraient des régimes nationaux d'asile.

Toutes ces mesures seraient financées par des instruments spécifiques à la charge du budget de l'UE et/ou via l'émission de titres financiers ('Common EU migration Bonds'). (Mathieu Bion et Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES
SOCIAL
INSTITUTIONNEL
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
BRÈVES
CALENDRIER