Bruxelles, 15/04/2016 (Agence Europe) - Des changements législatifs s'imposent pour rendre efficace et pertinent le travail de l'Institut européen d'innovation et de technologie (EIT), selon un rapport de la Cour des comptes européenne présenté jeudi 14 avril.
En se penchant sur la manière dont travaille l'EIT et sur ce à quoi il consacre son budget, qui est de 2,7 milliards d'euros pour la période 2008-2020, les auditeurs de la Cour des comptes ont eu quelques difficultés à déceler l'aspect « pionnier » et « innovant » de ses activités, du moins à la hauteur des objectifs fixés lors de sa création en 2008. Ils critiquent surtout son « cadre complexe et des problèmes de management » à cause d'une rotation élevée du personnel, une dépendance opérationnelle de la Commission européenne ainsi que l'impossibilité de se faire « une idée claire » des résultats et de l'impact de ses activités.
Rappelons que l'EIT a été créé dans le but de rassembler des partenaires de tous bords (chercheurs, entrepreneurs…), tant qu'ils sont « créatifs et novateurs ». Ce ne sont pas des projets qui sont financés, comme c'est le cas avec le Conseil européen de la recherche, mais des subventions qui sont accordées à des partenaires autonomes regroupés dans des « communautés de la connaissance et de l'innovation » (les CCI ou KICs).
Le membre de la Cour des comptes responsable du rapport, Alex Brenninkmeijer, est loin d'être convaincu de l'efficacité de cet institut. Pour que ce dernier promeuve vraiment « le potentiel d'innovation » de l'UE, il faudrait prévoir « d'importants ajustements législatifs et opérationnels », a-t-il constaté. Il en va ainsi pour son modèle de financement, celui-ci étant inutilement compliqué du fait que les CCI peuvent bénéficier d'apports financiers hors EIT (modestes, à ce jour), alors que les modalités de versement des subventions conviennent mal aux activités d'innovation. D'ailleurs, à défaut d'avoir une participation suffisante des entreprises, la viabilité financière des CCI n'est aujourd'hui pas assurée. (Jan Kordys)