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Bulletin Quotidien Europe N° 11533
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Les ministres européens veulent des solutions durables pour réduire le CO2 des transports aérien et maritime internationaux

Amsterdam, 15/04/2016 (Agence Europe) - À scénario inchangé, les émissions croissantes de CO2 des transports aérien et maritime internationaux ne permettront pas d'atteindre les objectifs souscrits en décembre 2015 par les 196 parties à l'Accord de Paris. Conscients de ce possible écueil, les ministres européens de l'Environnement et des Transports ont exprimé, vendredi 15 avril à Amsterdam, leur volonté commune que l'UE contribue à l'obtention de solutions mondiales, économiquement et socialement viables, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de ces deux secteurs épargnés par l'Accord de Paris alors même qu'ils sont de gros contributeurs au changement climatique.

Conjuguer verdissement de ces deux secteurs, maintien de leur compétitivité et de leur capacité à créer de la croissance et de l'emploi, et créer des alliances entre l'UE et le maximum de partenaires dans les négociations internationales pour favoriser des solutions mondiales fondées sur des mécanismes de marché est, de l'avis des ministres, une urgence, à un double titre: pour contribuer à l'avènement de transports internationaux durables et pour conserver l'élan de Paris. La réalisation de l'objectif des 2 degrés Celsius, voire du 1,5 degré, pour le réchauffement climatique mondial moyen est en jeu.

À une semaine de la cérémonie de signature de l'Accord de Paris (le 22 avril à New York), cette première discussion ministérielle commune Environnement/Transports, dédiée au suivi de la COP 21, a permis aux ministres de réfléchir, de manière informelle, pour répondre aux questions suivantes: - comment élaborer des mesures efficaces au sein de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et de l'Organisation maritime internationale (OMI) ? - Quelles sont les mesures contribuant à la croissance économique, à l'emploi et à la compétitivité des secteurs de l'aviation et de la navigation ? - Comment coopérer avec les pays partageant nos points de vue et établir le lien avec ceux ayant une position différente ?

« La communauté internationale a la responsabilité d'agir pour traduire l'Accord de Paris. Du point de vue de la qualité de la vie et de la sécurité, mais aussi d'un point de vue économique. Investir dans la durabilité c'est ouvrir la voie à un avenir économique dynamique. Pour rendre ces investissements plus attractifs, nous devons réussir à trouver le bon prix des émissions de carbone », a déclaré Sharon Dijksma, ministre des Infrastructures et de l'Environnement, qui coprésidait cette session avec sa collègue aux Transports, Melanie Schultz van Haegen.

Et d'ajouter: « L'Accord de Paris ne fait aucune référence spécifique à l'aviation et au transport maritime internationaux, mais il est clair que ces deux secteurs auront une contribution majeure à apporter. L'UE devra travailler avec l'OACI et l'OMI pour une approche ambitieuse et réaliste ».

Tel est le voeu des ministres, car si les secteurs aérien et maritime ne représentent aujourd'hui que 2% chacun des émissions mondiales, la croissance escomptée de ces deux secteurs devrait, à scénario inchangé, aller de pair avec une augmentation sensible de leurs émissions de gaz à effet de serre. Cela vaut surtout pour le secteur aérien (une augmentation de 70% à l'horizon 2020 et de 300% à 700% à l'horizon 2050, par rapport à 2005) et, dans une moindre mesure, pour le secteur de la navigation internationale (une augmentation de 50 à 250% d'ici à 2050).

S'agissant de l'aviation internationale, l'OACI ambitionne une croissance du secteur avec un bilan carbone neutre à compter de 2020 et un accord à conclure à l'automne sur un mécanisme de marché mondial fondé sur un système de compensation des émissions entre le secteur de l'aviation et d'autres secteurs. Les ministres souhaitent que, dans les négociations, l'UE crée des ponts avec le maximum de pays et, en particulier, les États-Unis, le Canada et le Japon pour parvenir, lors de la prochaine Assemblée générale de l'OACI, à un mécanisme de marché mondial, fondé sur les mesures présentant le meilleur rapport coût/efficacité, et à l'adoption de normes de performance des avions en termes d'émissions de CO2.

Rappelons qu'une consultation publique est en cours dans l'UE sur les options envisageables pour un accord mondial à l'OACI et que l'aviation civile internationale bénéficie d'une dérogation au système européen d'échange de quotas d'émissions (ETS) jusqu'à septembre 2016 (EUROPE 11508)

S'agissant du transport maritime international, les ministres ont estimé que l'adoption du nouvel index d'efficacité énergétique dès la conception, qui permettra d'accroître l'efficacité énergétique des nouveaux navires de 30% entre 2013 et 2025, en trois étapes, représente un progrès louable. Convaincus toutefois qu'il ne suffira pas pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris, ils veulent que l'OMI s'entende, dès la semaine prochaine, sur un système de collecte de données qui lui permettra de discuter de mesures complémentaires pour les navires existants, sur la base de faits et de chiffres.

Quant aux mesures de verdissement innovantes et durables, permettant de préserver la compétitivité et l'emploi, les ministres ont souligné qu'elles existent déjà dans les deux secteurs. En témoignent les navires fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL) ou équipés de moteurs propres et économes, mais aussi les ports d'envergure mondiale comme Rotterdam encourageant les navires propres en réduisant leurs taxes portuaires. Les avions économes en carburant ou fonctionnant aux combustibles plus propres, comme le bio-kérosène, ou encore les aéroports privilégiant une gestion durable, à l'instar de l'aéroport de Schipol, en sont une autre illustration.

« Si nous veillons à ce que les émissions des secteurs de l'aviation internationale et de la navigation internationale soient soumises à une tarification carbone adéquate, de telles innovations seront plus attractives », a fait valoir Sharon Dijksma. (Aminata Niang)

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