Bruxelles, 15/04/2016 (Agence Europe) - Le Parlement européen a invité, jeudi 14 avril, la Commission européenne et les États membres à organiser un sommet européen consacré à la réduction de la pauvreté et la lutte contre l'extrême pauvreté et l'exclusion sociale.
Cet appel a été fait dans le cadre de l'adoption d'une résolution non législative rédigée par le rapporteur Tamas Meszerics (Verts/ALE, hongrois), intitulée « Remplir l'objectif de lutte contre la pauvreté dans le contexte de l'augmentation des coûts des ménages ». Elle a été adoptée par 310 voix pour, 73 contre et 26 abstentions.
Dans cette résolution, le PE souligne l'importance de bénéficier d'un revenu décent pour pouvoir mener une vie conforme à la dignité humaine. Il incite à ce titre la Commission à effectuer une analyse d'impact sur les régimes de revenu minimum dans l'UE afin qu'elle évalue la manière et les moyens de garantir un revenu minimum satisfaisant. La résolution note, dans ce contexte, que 16,7% des Européens font face au risque de pauvreté après le transfert des aides sociales.
L'endettement des ménages, principalement causé par l'augmentation des coûts des ménages et le coût du logement (11% de la population européenne consacre plus de 40% de leur revenu au logement), est un autre problème sur lequel insiste le PE. Il appelle ainsi la Commission et les États membres à garantir des mesures pour que les ménages puissent faire face à ces coûts.
La résolution consacre aussi une place importante à la précarité énergétique. Le PE estime qu'il faudrait accorder aux ménages à faible revenu des microcrédits ou des prêts sans intérêt pour les aider à réaliser des investissements nécessaires dans les énergies renouvelables ou l'efficacité énergétique.
L'idée d'un moratoire sur le débranchement hivernal semble aussi être primordiale aux yeux des députés, alors que 17% des ménages monoparentaux sont incapables de prendre en charge le chauffage de leur domicile et 10,8% d'entre eux éprouvent des difficultés à maintenir une température adéquate dans leur logement. « Personne ne devrait mourir à cause de l'absence de chauffage en Europe », a insisté M. Meszerics, lors du débat précédant le vote.
Le rapport met également en évidence l'importance de l'accès à des soins de santé universels et de qualité, la nécessité de réduire la fracture numérique et d'avoir un accès égal aux nouvelles technologies.
Lors du débat, la commissaire à l'Emploi et aux Affaires sociales, Marianne Thyssen, a surtout rappelé que « l'égalité sociale (faisait) partie du coeur même (du) programme de la Commission ». Elle s'est dite convaincue qu'une « meilleure coordination des politiques sociales européennes permettra d'obtenir un triple 'A' pour l'UE dans le domaine social ». « Je prends les engagements fermes d'utiliser tous les moyens à la disposition de l'Union pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale », a-t-elle ajouté. (Maëlle Didion, stag).