Bruxelles, 11/04/2016 (Agence Europe) - L'Alliance européenne pour la bioéconomie (European Bioeconomy Alliance -EUBA) s'oppose à toute révision du système européen d'échange de quotas d'émission (ETS) post-2020 qui s'exercerait au détriment de l'objectif qu'elle poursuit - celui de promouvoir dans l'UE la production durable de ressources renouvelables et leur conversion en aliments, fibres, matériaux et bioénergie par des technologies innovantes et durables.
Convaincue que la réforme de l'ETS proposée par la Commission européenne en juillet 2015 va dans le bon sens (EUROPE 11516), EUBA a mis en garde, mardi 5 avril, contre l'approche plus ciblée proposée par le Royaume-Uni et la France, qui classerait les secteurs industriels en différentes catégories en fonction du risque perçu de fuite de carbone (secteurs « à haut risque », « à risque moyen » « à risque faible » et « sans risque » ) (EUROPE 11516 et 11418).
De l'avis de EUBA, allouer 100% de quotas gratuits aux entreprises les plus énergivores et grosses consommatrices de combustibles fossiles, au détriment des secteurs qui contribuent à la bio-économie et réduisent, de ce fait, la dépendance de l'UE à l'égard des combustible fossiles, serait contreproductif et créerait des distorsions de concurrence en sapant les efforts déployés pour développer des matériaux renouvelables d'origine biologique pour remplacer ceux à base de combustibles fossiles.
Dans l'approche prônée par le Royaume-Uni et la France, les secteurs oeuvrant au développement de la bio-économie recevraient entre zéro et 80% de quotas gratuits, alors que la proposition de la Commission européenne identifie certains secteurs fondamentaux pour mettre en oeuvre la stratégie de l'UE en faveur de la bio-économie comme étant exposés au risque de fuite de carbone. Sont concernés les aliments à base d'amidon, d'oléagineux et de protéines, la pulpe et le papier, et le sucre.
L'objectif de l'ETS est de réduire au moindre coût les émissions de gaz à effet de serre. L'objectif de la stratégie de la Commission européenne pour la bio-économie, qui a reçu l'aval du Conseil de l'UE et du Parlement européen, est de remplacer les combustibles fossiles par des alternatives renouvelables et durables, pour contribuer à orienter l'UE vers une société post-pétrole.
« Ces objectifs sont complémentaires et cohérents et doivent le rester », affirme l'EUBA, qui « félicite la Commission pour son approche » et l'invite à résister à toute tentative des États membres de saper cette cohérence.
Le CEFIC (European chemical Industry Council) s'oppose aussi à l'approche ciblée préconisée par le couple franco-britannique, mais pour d'autres raisons qu'EUBA (EUROPE 11516). (Aminata Niang)