Luxembourg, 11/04/2016 (Agence Europe) - Lors d'une rencontre avec quelques journalistes, lundi 11 avril à Luxembourg, le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, a reconnu que la situation sur le marché du lait ne s'était pas améliorée.
M. Hogan a rencontré, vendredi 8 avril à Paris, le ministre de l'Agriculture de Nouvelle-Zélande. Ce pays envisage de réduire de 3% sa production de lait et M. Hogan espère que ce sera utile pour rééquilibrer le marché.
Gestion de l'offre. La Commission a approuvé formellement le règlement d'exécution (dans le cadre de l'article 222 de l'organisation commune de marché unique) autorisant les organisations de producteurs, les associations d'organisations de producteurs, les interprofessions reconnues et les coopératives à déroger temporairement, pour six mois, aux règles de la concurrence en réduisant volontairement leur production. Le texte sera publié mardi 12 avril au Journal officiel de l'UE. Mais « nous devons voir si l'article 222 fonctionnera », a souligné le commissaire. À ce stade, peu de pays ont annoncé leur souhait d'y recourir (France, Belgique, Espagne), surtout en raison de l'absence de crédits communautaires pour dédommager les producteurs de lait qui accepteraient de baisser la production. M. Hogan a précisé que 85% du lait produit dans l'UE peut être éligible à ces règles (article 222) et que les pays peuvent indemniser les producteurs par le biais de règles plus souples sur les aides d'État (15 000 euros par an et sans plafond national).
Lors du Conseil Agriculture, M. Hogan a notamment indiqué que la production de lait augmentait en Allemagne, aux Pays-Bas et en Irlande. L'achat de lait en poudre par voie d'adjudications commencera le 21 avril, dans l'attente du doublement des plafonds d'intervention pour la poudre de lait et le beurre, a indiqué la Commission.
La Lituanie (soutenue notamment par la Slovaquie, l'Estonie, la Lettonie, la Bulgarie et Chypre) a demandé une nouvelle aide d'urgence ciblée de l'UE en faveur des producteurs de lait. L'Irlande a insisté sur le besoin d'accélérer la mise en oeuvre des mesures décidées. La Lettonie s'est dite sceptique sur les effets de la mesure de réduction volontaire de la production. La France a souligné le besoin d'aller vite sur les mesures d'intervention (doublement des plafonds).
Viandes. Le commissaire a relevé un léger mouvement à la hausse (s'agissant des prix) pour la viande porcine, mais « très faible ». La sélection des experts siégeant à l'observatoire européen des marchés des viandes (bovine et porcine) va commencer sous peu, a indiqué M. Hogan. La Belgique a demandé d'étendre à la viande porcine le mécanisme de réduction volontaire de la production. La France y est favorable aussi.
Embargo russe. L'Autriche a évoqué l'embargo sanitaire russe (en vigueur depuis janvier 2014) sur la viande porcine de l'UE. Elle a demandé quelles étaient les prochaines étapes en vue d'une ouverture partielle du marché russe aux exportations européennes. L'Allemagne et la France, notamment, ont défendu une solution européenne sur ce problème.
Report de la date butoir pour les demandes d'aide. La Pologne a demandé de prolonger d'un mois (d'ici au 15 juin 2016) la date butoir pour soumettre les demandes d'aides au titre de la politique agricole commune. M. Hogan a dit qu'il souhaitait réfléchir davantage avant de répondre à cette requête. La Pologne a été soutenue notamment par la Lituanie, l'Allemagne (mais à condition que cela soit facultatif), la Slovaquie, la Grèce, le Portugal, l'Espagne et la Bulgarie. La Grèce a préconisé la distribution gratuite de fruits et légumes pour les réfugiés.
Le commissaire Hogan effectuera du 16 au 18 avril une mission en Chine et au Japon pour tenter d'ouvrir de nouveaux marchés. Il sera accompagné par des représentants de 63 entreprises de l'UE. (Lionel Changeur)