Bruxelles, 11/04/2016 (Agence Europe) - Axer les programmes scolaires sur vingt principes directeurs destinés à lutter contre la radicalisation et promouvoir des sociétés plus inclusives: c'est la proposition qui sera sur la table d'une conférence du Conseil de l'Europe, lundi 11 et mardi 12 avril à Bruxelles.
« Nous avons donné trop d'importance à l'employabilité par le passé. Aujourd'hui, il faut redonner toute son importance à l'éducation », a déclaré en marge de la conférence Snezana Samardzic-Markovic, directrice générale pour la démocratie au Conseil de l'Europe.
Le « Projet sur les compétences pour une culture de la démocratie », développé bien avant les attentats de Paris, s'articule autour de 20 compétences considérées comme nécessaires pour jouer un rôle actif dans une société démocratique. Ces dernières sont réparties en 5 groupes: valeurs (valoriser la dignité humaine et les droits humains ; valoriser la diversité culturelle ; valoriser la démocratie, la justice, l'équité, l'égalité et la loi) ; attitudes (ouverture à la différence culturelle et aux autres croyances, visions du monde et pratiques ; respect ; esprit civique ; responsabilité ; auto-efficacité ; tolérance de l'incertitude) ; compétences (apprentissage autonome ; esprit critique et analytique ; savoir écouter et observer ; empathie ; flexibilité et adaptabilité ; compétences linguistiques et de communication ; coopération ; résolution de conflits) ; connaissance et compréhension critique (de soi, du monde ainsi que du langage et de la communication).
Le texte explique également comment définir et mesurer ces compétences. Il s'adresse aux écoles ainsi qu'à l'enseignement supérieur et la formation professionnelle. Il peut aussi être utilisé dans l'éducation non formelle ou continue ainsi que dans la formation de la police ou les programmes d'intégration pour les migrants ou les réfugiés.
Les ministres de l'Éducation issus de 50 pays (les 47 du Conseil de l'Europe ainsi que ceux de la Biélorussie, du Vatican et du Kazakhstan) devraient apporter leur soutien officiel à cet outil à Bruxelles et convenir de le tester dans différents contextes. D'après nos informations, tous les ministres de l'Éducation de l'UE seront présents ou représentés. (Sophie Petitjean)