Bruxelles, 11/04/2016 (Agence Europe) - Face au manque d'organisation des camps de réfugiés dans les pays limitrophes de la Syrie, l'Union européenne devrait renforcer le suivi de la qualité de l'aide fournie aux réfugiés dans ces zones en renforçant notamment la coopération entre les collectivités locales et régionales au sein de l'UE et des pays tiers, estime le Comité des régions dans un avis adopté vendredi 8 avril.
« La durée du séjour dans les pays voisins est souvent beaucoup plus longue que ce qui était prévu; elle s'élève régulièrement à plus de dix ans et parfois à des dizaines d'années », note Hans Jansen (PPE, néerlandais), auteur du rapport, qui constate souvent « le caractère provisoire de bon nombre des dispositifs de secours mis en place » découlant d'une « perspective de planification trop réduite, sans une vision plus vaste du développement territorial et sans une participation suffisante des collectivités locales et régionales ».
Ainsi, le Comité expose une série d'actions à entreprendre: - accorder une place plus importante aux questions liées à la gouvernance dans le cadre des fonds Madad (fonds régional d'affectation spéciale de l'UE en réponse à la crise syrienne) ;- s'attaquer aux causes profondes à l'origine de ces mouvements massifs de population ; - laisser une place plus importante aux collectivités locales et régionales dans les dialogues entre les pays d'accueil et l'UE (notamment avec la Turquie) ;- intégrer dans une plus forte mesure le Comité, l'ARLEM (Assemblée des autorités régionales et locales euro-méditerranéennes) et le CORLEAP (Conférence annuelle des collectivités régionales et locales pour le partenariat oriental) qui détiennent une longue expérience dans l'accueil des réfugiés.
Cet avis tombe deux mois après un engagement européen de 10 milliards de dollars (3 milliards en provenance de l'UE), lors de la conférence des donateurs sur l'aide à la Syrie (EUROPE 11483), et un mois avant le sommet humanitaire mondial à Istanbul. (Pascal Hansens)