Bruxelles, 11/04/2016 (Agence Europe) - Si la paix et la sécurité en Afrique ont occupé une place de choix lors de la huitième réunion des Commissions de l'UE et de l'UA, jeudi 7 avril à Addis-Abeba (EUROPE 11528), le développement durable n'a pas été en reste. Et pour cause, l'une des cinq priorités de la feuille de route 2014-2017 adoptée en 2014 par le 4ème Sommet UE/Afrique à Bruxelles a pour intitulé 'Développement et croissance durables et inclusifs et intégration continentale'.
À Addis-Abeba, l'UE et l'Afrique ont affiché leur détermination à oeuvrer conjointement à une croissance agricole et industrielle solide du continent africain, ainsi qu'à la préservation des ressources naturelles et de l'environnement conformes aux objectifs mondiaux de développement durable.
Les partenaires africains sont plus intéressés par le développement économique, l'industrialisation, la croissance et le changement climatique que par la question des migrations, chère à l'UE, avait reconnu la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini (EUROPE 11527). Le communiqué conjoint reflète ces priorités.
Agriculture durable. Les deux parties ont réaffirmé leur soutien à l'ambition de tripler le commerce intra-africain de produits agricoles d'ici à 2025 et d'augmenter la valeur ajoutée des exportations vers l'UE, conformément au programme de développement de l'agriculture africaine (PDDAA).
Industrialisation durable. L'UE et l'UA ont souligné leur soutien à l'initiative de l'Afrique visant à réaliser l'industrialisation accélérée et durable afin de créer des emplois décents et d'éradiquer la pauvreté, avec un accent particulier sur le rôle actif des jeunes et des femmes dans ces processus.
Infrastructures. Les deux parties ont confirmé que le programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIA) continuera à guider leur coopération stratégique en vue de trouver des solutions innovantes pour faciliter et accélérer la réalisation de l'Agenda 2016. Elles ont identifié un certain nombre de grands projets d'infrastructures panafricains - dans les secteurs du transport, de l'énergie, de l'eau et des technologies de l'information - pouvant bénéficier des investissements à grande échelle.
Questions mondiales. L'UA et l'UE ont salué l'adoption de l'Agenda 2063 de l'Union africaine et de son Plan décennal de mise en oeuvre. Elles ont également salué le programme des Nations unies sur le développement durable. La mise en oeuvre, le financement et le suivi de ces deux agendas feront désormais l'objet d'un dialogue régulier entre les deux parties.
L'UA et l'UE ont salué l'Accord de Paris sur le climat et ont invité toutes les parties « à traduire à présent toutes leurs promesses en politiques nationales fortes et durables ». Elles se sont engagées à soutenir la mise en oeuvre des contributions. Elles ont aussi réaffirmé leur volonté de poursuivre les efforts en cours pour lutter contre la dégradation des terres et la désertification et leurs efforts conjoints en matière de surveillance de l'environnement en Afrique notamment par l'utilisation de système d'observation de la Terre afin d'obtenir des indicateurs environnementaux.
De même, elles sont convenues de coopérer dans la lutte contre le trafic de la faune, l'exploitation illégale et le commerce illégal des espèces de faune et de flore sauvage en Afrique et dans la mise en oeuvre de la Stratégie africaine de lutte contre ce fléau en Afrique. Les partenaires africains ont été informés du plan d'action dont vient de se doter l'UE pour combattre ce crime environnemental (EUROPE 11500).
Les travaux des deux Commissions ont balisé la route pour le prochain sommet Afrique-UE, le cinquième du genre, qui se tiendra en Afrique en 2017 (Aminata Niang)