Bruxelles, 07/04/2016 (Agence Europe) - Les pistes de révision du règlement de Dublin, présentées mercredi 6 avril par les commissaires européens Frans Timmermans et Dimitris Avramopoulos (EUROPE 11526), ont été diversement accueillies, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, saluant une étape « positive » et un pas en avant, alors que certains responsables des pays de l'Est, farouchement opposés à tout système de quotas, ont réitéré leurs lignes rouges, à l'image du secrétaire d'État tchèque aux Affaires européennes, Tomas Prouza.
Se demandant combien de temps la Commission allait encore pousser en faveur de quotas, le responsable a estimé que l'institution devrait, au contraire, se concentrer « sur des choses qui aident ». Pour rappel, la Commission a proposé deux options principales pour réformer le mécanisme de Dublin qui détermine la responsabilité des États membres dans le traitement des demandes d'asile et qui a souvent conduit à des déséquilibres entre pays pénalisés par la géographie, comme la Grèce ou l'Italie, et des pays victimes de leur attrait, comme l'Allemagne. Ces deux options portent respectivement sur un mécanisme correcteur aboutissant à un système de relocalisation et sur une répartition directe des demandeurs d'asile entre les États membres sur la base d'une clef de redistribution.
Pour le groupe CRE, l'option du mécanisme correcteur est acceptable en ce que ce mécanisme ne modifie pas fondamentalement le système et la détermination de l'État responsable, mais le dispositif obligatoire de répartition, lui, n'est pas viable et ne va pas voir le jour, a prédit Timothy Kirkhope. L'élu britannique est d'avis qu'il ne faut pas réinventer la roue, mais, au contraire, se concentrer sur le bon fonctionnement des règles actuelles, qui passent également par une gestion efficace des frontières extérieures. Pour l'élu CRE, les gouvernements doivent maintenant démontrer que l'amélioration de la mise en oeuvre des règles existantes est la seule option possible.
Pour le groupe des Verts/ALE, « il est évident que le système européen de demande d'asile est devenu inadapté. Le système de Dublin doit être remplacé par un mécanisme permanent de relocalisation des réfugiés à travers l'UE qui soit équitable et fondé sur la solidarité ». Le groupe a dit cependant regretter « que la Commission n'ait pas, dès à présent, considéré important de prendre en compte les préférences et besoins des réfugiés - y compris leurs connaissances linguistiques et liens familiaux - afin de faciliter l'intégration ».
Pour le chef de file de la commission des libertés civiles au PE (LIBE), Claude Moraes (S&D, britannique), il est très important que l'UE place la solidarité et le partage de responsabilité entre les États membres au coeur du système d'asile européen. Cecilia Wikström (ADLE, suédoise) estime que le critère du premier pays d'entrée devrait disparaître du règlement Dublin et être remplacé par un mécanisme équitable entre les États membres basé sur la richesse du pays, la population et les capacités de réception des demandeurs d'asile. (Solenn Paulic)