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Bulletin Quotidien Europe N° 11527
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Paris et Berlin affichent leur unité sur la crise migratoire

Bruxelles, 24/03/2016 (Agence Europe) - Afficher l'entente, l'unité et la cohésion du « moteur de l'Europe » face aux crises actuelles, dont surtout celle de la migration, tel a été le principal message qu'ont souhaité afficher le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, jeudi 7 avril, à l'issue du Conseil des ministres conjoint organisé dans la ville de Metz.

Nous allons dans la même direction, ont-ils tous deux insisté, évoquant les questions de migrations, de lutte contre le terrorisme, de politique étrangère, de sécurité et de défense ou encore de climat, lors de leur conférence de presse conjointe. L'objectif est, selon eux, que l'axe Paris-Berlin reste déterminant dans l'élaboration des politiques européennes, tant pour la mise en œuvre de décisions prises que pour celles à venir, pour le bien de l'Union européenne.

Des dissonances se faisant parfois entendre quant à la manière de gérer la crise migratoire ; c'est en conséquence sur cette question que M. Hollande et Mme Merkel étaient les plus attendus. Le « renforcement » a ainsi été le maitre-mot, utilisé plus de cinquante fois dans le programme de travail conjoint qu'ils ont adopté. Il faut « renforcer l'Europe », car elle doit « se préparer pour l'avenir à un enjeu migratoire qui est mondial, en renforçant Schengen et la protection des frontières extérieures de l'UE et en adoptant le système européen commun d'asile », peut-on lire dans le programme.

Appliquée à la crise migratoire, cette approche devrait se traduire par un plus grand soutien à la Grèce, surtout par l'envoi de 600 fonctionnaires français et allemands, notamment pour Frontex, un « accroissement substantiel » des relocalisations de demandeurs d'asile et un plus grand soutien humanitaire. Pour la mise en œuvre de l'accord UE-Turquie, les deux dirigeants s'engagent à prendre « leur part des réinstallations de réfugiés syriens » depuis le territoire turc. En même temps, c'est la politique de retour qui devrait être renforcée, avec des « 'paquets retour' équilibrés » élaborés avec les pays d'origine et de transit. Pour l'espace Schengen, il faut garder les « fondamentaux », ont-ils soutenu, tout en promettant de faire « cette année » de nouvelles propositions communes, notamment sur la révision du règlement Dublin.

Les deux leaders comptent aussi contribuer à la réalisation de l'objectif de la Commission européenne de disposer de garde-frontières et garde-côtes européens dès l'été 2016, une de leurs priorités étant le renforcement des frontières extérieures de l'UE. Leurs cadres juridiques nationaux seront vite adaptés et ils proposeront « dans les prochaine semaines » leur contribution en termes de ressources humaines et matérielles qui seront disponibles « en juin au plus tard ».

La Libye a finalement aussi été abordée dans ce contexte, la crainte étant que la situation du pays ne ressemble encore plus à un « chaos », selon le terme employé par M. Hollande, qu'elle ne l'ait déjà. On craint aussi une arrivée massive de migrants à partir de ce pays vers Malte ou l'Italie, a-t-il souligné. Les deux dirigeants ont surtout évoqué l'évolution possible de l'opération navale de l'UE (EUNAVFOR Med Sophia) qui vise à lutter contre les passeurs en Méditerranée. (Jan Kordys avec Solenn Paulic)

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