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Bulletin Quotidien Europe N° 11527
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) afrique

Le groupe S&D et Mme Mogherini veulent un partenariat UE/Afrique plus fort, plus politique et plus équitable

Bruxelles, 07/04/2016 (Agence Europe) - Un partenariat UE/Afrique plus fort, plus équitable, plus contemporain pour être mieux adapté aux nouveaux défis: c'est ce à quoi ont appelé les participants à la Semaine africaine du groupe S&D au Parlement, actuellement en cours (5-11 avril). (EUROPE 11526).

Si le groupe S&D a décidé de « faire de l'Afrique sa priorité politique », c'est, selon Gianni Pittella, président du groupe, parce qu'il estime que « l'Afrique doit rapidement devenir l'un des partenaires les plus importants de l'UE en termes de coopération aux plans économique, culturel, du développement et de la sécurité ». Il l'a réitéré lors d'une conférence de presse à Bruxelles, jeudi 7 avril, au lendemain de la conférence-débat organisée par son groupe dans les locaux du Parlement sur le thème 'L'Afrique au coeur d'un monde globalisé' ('Africa in the heart of a globalised World').

« Ce n'est qu'en tant qu'UE dans son ensemble que nous pouvons faire face aux défis de la crise des réfugiés, de la lutte contre le terrorisme et le changement climatique », a-t-il déclaré. Et d'ajouter: « Un partenariat Afrique-Europe plus fort serait décisif pour combattre le terrorisme et l'extrémisme religieux ».

À la question écrite d'un journaliste africain qui lui demandait quel impact avaient les résolutions qu'adopte le Parlement européen, Gianni Pittella a répondu sans hésiter: « Le Parlement ne peut sanctionner, mais quand il dénonce des manquements aux droits de l'homme, aux droits des minorités, aux droits des opposants politiques, il a une autorité morale car il représente 500 millions de citoyens ». Prenant l'exemple de la résolution récente du PE condamnant l'action répressive du gouvernement éthiopien à l'égard de manifestants, il a précisé: « elle a eu une grande résonnance. J'ai pu le constater lors de ma visite récente en Éthiopie avec Cécile Kyenge (S&D, italienne). Les citoyens, l'opposition et le gouvernement nous en ont tous parlé » (EUROPE 11524).

À ses côtés, Marie Arena (S&D, belge) a rappelé la détermination de son groupe politique à obtenir la traçabilité complète des minerais de guerre par une législation européenne contraignante (EUROPE 11526). « Nous voulons un commerce éthique, un commerce propre pour ne pas être complices de crimes de sang», a-t-elle dit, en regrettant que le Conseil de l'UE n'ait pas encore arrêté de position formelle. La même détermination vaut, selon elle, pour l'obtention de relations commerciales UE/Afrique équitables. « Nous travaillons aussi sur les APE (accords de partenariat économique: NDLR). Nous ne voulons plus d'accords de libre- échange sur le modèle du 20ème siècle, fondés sur la relation dominant/dominé, mais des accords qui garantissent la diversité culturelle, favorisent l'émergence d'entrepreneurs locaux et non pas du macro business ». Même détermination aussi pour l'accord post-Cotonou (entre l'UE et le groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique) qui entrera en vigueur dans quatre ans: « Nous voulons une relation 'win win' et non pas, comme dans le passé, une relation dans laquelle l'Europe est la gagnante et l'Afrique la perdante ».

Mercredi 6 avril, lors de la conférence-débat sur l'Afrique, la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, avait remercié le groupe S&D de « mettre les relations UE/Afrique au centre » de ses travaux et, ce faisant de « l'aider » dans sa volonté de « renforcer la relation avec l'Afrique » pour « construire un véritable partenariat politique ». Et d'ajouter: « il est clair que nous sommes confrontés aux mêmes défis, mais nous ne pouvons espérer les gérer que si nous développons des vues communes, des instruments communs, des approches et des politiques communes, avec des perspectives différentes ». Prenant l'exemple de la migration, elle s'était dite consciente que la question vient immédiatement à l'esprit de l'UE comme un défi prioritaire, « tandis que les partenaires africains pensent davantage au développement économique, à l'industrialisation, à la croissance et au changement climatique ». Elle a fait observer également qu'à la différence de l'UE, « chaque pays africain, pris individuellement, est à la fois un pays d'origine, de transit et de destination » de migrants.

Aissata Tall Sall, députée-maire et ancienne ministre sénégalaise, a plaidé pour un partenariat intégrant de nouveaux acteurs de la coopération décentralisée dans un cadre mondialisé, certes, « mais qui nous permette de faire face aux nouveaux défis mondiaux comme le changement climatique, la crise économique et financière, les migrations, la lutte contre les flux illicites de capitaux qui, le plus souvent, partent de l'Afrique plutôt que de l'Europe ». Selon elle, il convient de trouver « un cadre cohérent qui traitera de l'Afrique comme un partenaire digne et intégrera les nouveaux acteurs - les mouvements de protestation et de revendication dont les apports sont considérables dans la construction de nouveaux modèles. L'UE doit aider l'Afrique à trouver des modèles endogènes, à travers ses propres solutions. Les femmes portent le destin de l'Afrique. Elles ont une idée claire de l'avenir. L'Europe ne peut être que le partenaire choisi de l'Afrique, sans résignation, sans fatalisme », a-t-elle déclaré.

Le député ougandais Nokrach William Wilson a appelé de ses voeux « une remise à plat de la relation » UE/Afrique pour savoir que faire à l'avenir. Adopter une approche constructive de la relation UE/Afrique nécessite, selon lui « de définir ce qu'on entend par partenariat, de tenir compte des atouts des uns et des autres, de pratiquer un dialogue de qualité, la consultation et la transparence ». Il a insisté sur la nécessité que « les bonnes pratiques et les bonnes procédures ne soient pas imposées », sur celle de mettre en oeuvre les Conventions internationales signées par les pays africains concernant notamment les échanges commerciaux, et d'appuyer les Africains par des investissements durables.

Résumant les interventions, l'eurodéputé Victor Bostinaru (S&D, roumain) a dégagé un consensus sur les points suivants: - l'UE et l'Afrique ont beaucoup de points communs de par la proximité géographique et les normes et valeurs qu'ils partagent ; - terrorisme, déradicalisation, sécurité , énergie, infrastructures, connectivité constituent les plus grands défis à relever conjointement ; - l'Europe doit investir dans le développement de l'Afrique ; - il y a nécessité d'autonomiser, d'émanciper l'Afrique pour un meilleur fonctionnement des États ; - il convient d'investir dans la bonne gouvernance, dans les partis politiques, d'investir plus et mieux dans l'éducation et de s'engager davantage auprès de la société civile ; - le Parlement européen a son mot à dire sur les minerais des conflits comme pour la mise en place de nouveaux accords d'investissement et d'échanges, en vue de servir les intérêts des populations, pas des multinationales. (Aminata Niang)

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