Bruxelles, 08/03/2016 (Agence Europe) - Lors d'un débat en plénière avec la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, mardi 8 mars, les députés européens ont souligné que, même s'il était fragile, le cessez-le-feu en Syrie pouvait permettre d'avancer dans les négociations politiques. Les discussions inter-syriennes devraient reprendre ce mercredi 9 mars.
« Le cessez-le-feu est entré en vigueur: c'est un élément très important, car (…) il donne une lueur d'espoir à laquelle il faut absolument s'accrocher. Certes il n'est pas parfait (…), mais c'est à vous de saisir cette opportunité pour la transformer en transition politique crédible », a souligné le Roumain Cristian Dan Preda pour le PPE. Pour son concitoyen Victor Bostinaru, pour le S&D, si les dix derniers jours, depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, sont « essentiels pour les Syriens », « il faut que nous relancions les pourparlers de paix ». « Il n'y a aucune autre alternative à une solution politique. Mais pour ce faire, il faut un engagement et une volonté politique sans faille », a-t-il ajouté. « Le cessez-le-feu est fragile, mais il permet à la communauté internationale d'insister pour mettre en place l'accord de paix de Genève. Il est important de mettre en place un gouvernement inclusif à Damas », a ajouté le Britannique Charles Tannock (CRE). L'Allemande Barbara Lochbihler a rappelé, pour les Verts/ALE, qu' « une paix durable ne pourra s'exercer que quand les responsables des violations seront amenés à rendre des comptes ».
M. Tannock, tout comme plusieurs de ses collègues, a appelé la Russie à arrêter ses attaques contre les civils et l'opposition modérée. « Il faut que Moscou se rende compte que son comportement sera étudié de près », a-t-il expliqué. La Néerlandaise Marietje Schaake, pour l'ADLE, s'est montrée plus dure. « Il nous faut de nouvelles sanctions (contre la Russie) en raison de la violence en Syrie », a-t-elle souligné, appelant aussi l'UE à faire davantage en ce qui concerne la dimension politique du conflit.
De son côté, Mme Mogherini a estimé que la situation sur le terrain s'était « significativement améliorée » depuis la cessation des hostilités, précisant qu'il n'y avait pas eu d'intervention armée majeure, même s'il y a des violations du cessez-le-feu « en continu ». (Camille-Cerise Gessant)