Bruxelles, 12/02/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE, réunis en Conseil lundi 15 février, ont décidé, de lever les sanctions à l'encontre de 170 personnes, dont le président biélorusse, Alexander Loukachenko, et trois entités en Biélorussie. La levée de ces sanctions - interdiction de visas et gel des avoirs- sera effective le 1er mars.
Ces mesures avaient été suspendues le 29 octobre 2015 en raison de la libération des derniers prisonniers politiques en août 2015, d'une élection présidentielle d'octobre exempte de violence et en raison de l'état général des relations UE-Biélorussie. Les sanctions à l'encontre de quatre personnes liées à des disparitions de deux hommes politiques, d'un homme d'affaires et d'un journaliste, vont, par contre, être prolongées pour douze mois à partir du 1er mars, tout comme l'embargo sur les armes.
Soulignant les mesures prises par Minsk au cours des deux dernières années, le Conseil reconnaît, dans ses conclusions, qu'il y a une « opportunité pour que les relations UE-Biélorussie se développent sur un ordre du jour plus positif et que des progrès dans une série de domaines puissent être mieux réalisés à travers des canaux de communication renforcés ».
Le Conseil a décidé d'accélérer la mise en œuvre de mesures visant à renforcer la coopération dans un certain nombre de domaines liés à l'économie et au commerce dans le but de moderniser le Biélorussie, y compris en vue de son adhésion à l'OMC et en coopération avec les institutions financières internationales, en particulier la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Il encourage aussi Minsk à accélérer les réformes économiques indispensables.
Mais les ministres préviennent que « des mesures concrètes prises par Minsk pour respecter les libertés fondamentales, les droits de l'homme et l'État de droit seront essentielles pour la mise en forme de la future politique de l'UE envers la Biélorussie ». En effet, les ministres restent préoccupés par la situation des droits de l'homme dans le pays, le dernier d'Europe à appliquer la peine de mort. Les ministres soulignent ainsi la nécessité de garantir la liberté d'association et de réunion et une presse libre et indépendante ; ils appellent au rétablissement des droits civils et politiques des anciens prisonniers politiques. Dans la perspective des élections parlementaires prévues pour l'automne, le Conseil exhorte les autorités à mettre rapidement en œuvre les recommandations faites par l'OSCE après l'élection présidentielle.
Mme Mogherini a résumé l'engagement de l'UE envers Minsk à une « politique d'engagement critique » dont l'un des points principaux sera un engagement fort avec la population. (Camille-Cerise Gessant)