Bruxelles, 15/02/2016 (Agence Europe) - Les ministres de l'Agriculture des pays de l'UE ont réservé un accueil mitigé, lundi 15 février à Bruxelles, au projet de mettre en place une plateforme européenne sur le bien-être animal.
Dans un document commun, les délégations allemande, suédoise, danoise et néerlandaise défendent la mise en place d'une plateforme européenne sur le bien-être des animaux. Lors du Conseil de décembre 2014, une initiative similaire avait reçu un accueil relativement favorable, mais la plupart des délégations souhaitaient, dans un premier temps, se concentrer sur la mise en oeuvre et l'amélioration de la législation existante sur le bien-être des animaux.
Le ministre allemand, Christian Schmidt, s'exprimant au nom des délégations cosignataires, a insisté sur l'importance du dialogue entre les États membres et avec la Commission, mais aussi avec les parties prenantes. Cette plateforme sur le bien-être animal permettrait notamment de faciliter les échanges sur les contrôles et le respect de la législation existante, ou encore sur la recherche. Le ministre a ajouté que cette plateforme serait un outil « léger et facile à gérer ». Il a demandé aux autres États membres de se joindre à cette initiative et à la Commission de réfléchir aux détails techniques de la plateforme.
Le ministre français, Stéphane Le Foll, a souligné que des solutions devaient être apportées pour l'élevage, de manière globale. Il s'est dit « d'accord sur le principe d'une telle plateforme, à la condition qu'elle n'engendre pas une inflation législative supplémentaire ». Selon lui, cette initiative doit également « reconnaître l'agriculture en plein air », ce qui n'est pas le cas à ce stade, alors que cela constitue une approche non négligeable en termes de bien-être du bétail, notamment en France. Plusieurs pays ont soutenu cette position française, notamment le Portugal, la Roumanie, l'Irlande, l'Espagne, l'Italie, la Slovénie et la Lituanie. La Pologne s'est dite opposée à de nouvelles législations sur le sujet.
Luxembourg, Belgique, Autriche, Royaume-Uni, Grèce, Finlande et République tchèque sont les pays qui ont clairement soutenu l'initiative sur cette plateforme.
Vytenis Andriukaitis, le commissaire à la Santé, a précisé qu'il souhaitait finaliser plusieurs actions dans le cadre de la stratégie sur le bien-être animal. Des lignes de conduite sur le bien-être des porcs sont attendues. Une réunion avec les experts des États membres aura lieu les 23 et 24 février sur le sujet. Celle-ci permettra d'évoquer l'éventualité et les contours de la plateforme. Sur base de ces éléments et d'un sondage Eurobaromètre en cours de finalisation, la Commission envisagera les prochaines étapes, en vue de la mise en place de la plateforme. (Lionel Changeur)