Bruxelles, 11/01/2016 (Agence Europe) - Le commissaire chargé de l'Économie numérique, Gunther Oettinger, n'a pas l'intention de traiter le service américain de réservation de voiture avec chauffeur Uber et le service français de covoiturage Blablacar de la même manière. C'est ce qu'il a indiqué à l'issue d'une rencontre avec le ministre allemand des Transports et des Infrastructures numériques, Alexander Dobrindt, lundi 11 janvier.
« La société Blablacar ne vise pas le profit, à la différence d'Uber qui est un fournisseur de service à visée commerciale en concurrence directe avec les taxis. Elle propose de partager les frais, comme c'était le cas quand j'étais étudiant, et d'alimenter la conversation », a indiqué le commissaire allemand, invité par un journaliste à commenter sa rencontre, quelques jours plus tôt, avec le PDG de Blablacar.
La réunion avec le ministre Dobrindt portait, elle, sur la stratégie pour un marché unique numérique et le développement des réseaux Internet à haut débit en Allemagne (5G, le fonds européen pour les investissements stratégiques, spectre, etc.). Le ministre était accompagné de membres de la 'Netzallianz', un réseau actif dans le domaine de la numérisation comprenant des représentants du secteur public et privé. À cette occasion, le ministre allemand a annoncé que l'industrie s'était engagée à investir 8 milliards d'euros en 2016 dans la large bande et que le gouvernement fédéral allait débloquer 2,7 milliards d'euros supplémentaires dans cette optique. Pour rappel, Berlin a l'intention de généraliser l'accès à l'Internet à haut débit sur tout son territoire d'ici à 2018.
À noter que, lors de la conférence de presse, le commissaire Oettinger a refusé de se prononcer sur la loi polonaise sur les médias, indiquant qu'un débat d'orientation aurait lieu au collège des commissaires le mercredi 13 janvier. Il a toutefois reconnu que son cabinet avait reçu une lettre du ministre polonais de la Justice, Zbigniew Ziobro, à propos de la nouvelle loi, lettre qu'il s'est engagé à « lire dans la soirée ». (Sophie Petitjean)