Bruxelles, 04/12/2015 (Agence Europe) - L'égalité entre les genres sera au coeur de la réunion du Conseil Emploi, Affaires sociales, Santé et Consommateurs qui se déroulera exceptionnellement sur un jour, lundi 7 décembre à Bruxelles. L'enjeu premier se trouve dans le sort qui sera réservé au projet de directive sur les quotas de femmes.
La Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'UE va tenter de dégager une approche générale sur ce projet de texte qui charge les entreprises cotées en bourse d'instaurer des procédures de recrutement transparentes pour parvenir à 40% de femmes dans leur conseil d'administration. Pour rappel, dix États membres forment actuellement une minorité de blocage: le Royaume-Uni, le Danemark, l'Estonie, la Croatie, la Suède, la Hongrie, la Pologne, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Slovaquie. Un diplomate européen s'est montré sceptique, vendredi 4 décembre, sur les chances de parvenir à un accord lors de cette réunion, malgré une nouvelle tentative de compromis mise récemment sur la table (EUROPE 11445).
Dans le doute, la Présidence luxembourgeoise a également prévu l'adoption de conclusions sur l'égalité des femmes et des hommes dans la prise de décision politique, économique et sociale. Ce texte appelle les États membres et la Commission européenne à surveiller la place des femmes dans les postes de décision en utilisant les indicateurs de l'Institut européen pour l'égalité des genres, y compris les nouveaux indicateurs relatifs à la proportion de femmes en politique et dans les entreprises. Il apporte aussi son soutien au système de la tirette, en vertu duquel les listes de candidats aux élections alternent les deux sexes. À noter que Malte compte présenter une déclaration écrite pour s'opposer à « un nouvel indicateur susceptible de créer l'obligation de considérer l'avortement comme un élément légitime de santé ».
Les ministres auront l'occasion de discuter à deux reprises sur l'égalité des genres. Ce sera le cas lors d'une réunion informelle, tôt dans la matinée, sur un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle pour les personnes ayant à charge des enfants ou des personnes dépendantes. Puis, lors de la réunion formelle, en procédant à un échange de vues sur les suites que la Commission entend donner à la stratégie pour l'égalité des femmes et des hommes 2010-2015.
L'après-midi sera divisée en deux parties. La première concerne le processus budgétaire du 'Semestre européen'. Les ministres discuteront, au cours du déjeuner, de l'amélioration des performances dans le domaine social et de l'emploi dans le cadre de gouvernance existant. Ils devraient ensuite dégager un accord politique sur l'initiative de la Commission sur l'intégration des chômeurs de longue durée sur le marché du travail, qui a été présentée en septembre dernier et prend la forme de trois recommandations (EUROPE 11383). Enfin, ils devraient adopter deux séries de conclusions, l'une étant consacrée à la promotion de l'économie sociale en tant que moteur essentiel du développement économique et social en Europe, et l'autre sur la gouvernance sociale pour une Europe inclusive.
Dans la deuxième partie de l'après-midi, les ministres européens adopteront quatre séries de conclusions liées à la santé. Les conclusions sur la « stratégie de l'UE visant à réduire les méfaits de l'alcool » invitent la Commission à adopter, d'ici à la fin de l'année 2016, une nouvelle stratégie communautaire contre l'alcool (EUROPE 11424) qui vise à s'attaquer aux conséquences sociales, économiques et de santé résultant de l'abus d'alcool et qui mettrait l'accent sur les initiatives ayant une dimension transfrontalière.
Les conclusions sur « la médecine personnalisée pour les patients » invitent les États membres à soutenir l'accès à une médecine personnalisée qui soit cliniquement efficace et financièrement viable, en élaborant des politiques axées autour du patient. Elles leur proposent notamment d'envisager d'élaborer des stratégies à long terme, axées sur le patient, pour relever les défis que pose l'accès à une médecine personnalisée, « tout en assurant la viabilité des systèmes nationaux de santé et dans le strict respect des compétences des États membres ».
Les conclusions visant à « améliorer les politiques et pratiques en matière de soins pour les personnes atteintes d'une démence » invitent les États membres à fournir un traitement et une prise en charge appropriés aux personnes atteintes d'une démence, ainsi qu'à leur famille et au personnel soignant. Elles leur suggèrent notamment d'élaborer des orientations non contraignantes fondées sur une démarche globale et intégrée concernant la démence, en tenant compte de la prévention et la promotion de la santé, du diagnostic en temps utile, du soutien post-diagnostic, du traitement et de la prise en charge.
Les dernières conclusions portent sur les enseignements à tirer pour la santé publique après l'épidémie Ebola en Afrique de l'Ouest. Le texte met l'accent sur les plans de préparation et d'intervention par les États membres contre des menaces transfrontalières sérieuses pour la santé, ainsi que sur la coopération, afin de renforcer la sécurité sanitaire au sein de l'UE en cas d'éventuelles épidémies futures. (Sophie Petitjean et Jan Kordys)