Bruxelles, 26/11/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne analysera jusqu'en février 2016 les déséquilibres macroéconomiques de 18 États membres.
Dans son rapport annuel sur le mécanisme d'alerte, présenté jeudi 26 novembre en même temps que la version 2016 de son Examen annuel de la croissance (voir autre nouvelle), l'institution européenne recense 18 pays qui feront l'objet d'un bilan approfondi pour déterminer s'ils concentrent des déséquilibres macroéconomiques. Pour la première fois, l'Estonie et l'Autriche sont visées par la procédure de déséquilibres macroéconomiques. Dans le cas estonien, le bilan approfondi concernera les risques liés à des nouvelles « pressions » touchant la consommation intérieure. Dans le cas autrichien, seront analysés en détail l'exposition du secteur financier à des événements extérieurs et l'octroi de crédits au secteur privé.
Les déséquilibres observés en Bulgarie, en France, en Croatie, en Italie et au Portugal requièrent des actions « décisives » et un suivi « spécifique », a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. Pour la Belgique, l'Allemagne, l'Espagne, la Finlande, la Hongrie, l'Irlande, les Pays-Bas, le Roumanie, la Slovénie, la Suède et le Royaume-Uni, une action « différenciée » est nécessaire.
Certes des déséquilibres avaient déjà été constatés fin 2014 pour ces seize pays (EUROPE 11207), mais le fait de placer les États concernés à des niveaux de surveillance accrue doit être perçu comme « un signal de sérieux et de la volonté de la Commission d'agir », a souligné M. Moscovici, considérant d'« égale importance » les procédures pour déséquilibres macroéconomiques et déficits excessifs. À ce jour, aucun État n'a fait l'objet d'une procédure d'infraction menant potentiellement à des sanctions financières.
La Commission présentera en février des conclusions relatives à ces bilans approfondis dans le cadre des rapports annuels par pays. Après avoir analysé les programmes nationaux de stabilité et de réformes, elle présentera, en mai, des recommandations politiques spécifiques sur les déséquilibres macroéconomiques.
De façon générale, la Commission constate que les déficits des comptes-courants hérités des années précédant la crise financière de 2008 ont été « considérablement » réduits. Néanmoins, l'endettement, qu'il soit public/privé ou interne/externe, demeure à des niveaux « historiquement élevés » et pèse sur l'étendue de la reprise. Les excédents, observés notamment en Allemagne et aux Pays-Bas, resteront importants jusqu'en 2017. Ceux observés au niveau de la zone euro seront parmi les plus élevés au monde et augmenteront en 2016.
À noter que trois indicateurs sur l'emploi (taux d'activité, chômage de long terme, chômage des jeunes) seront intégrés au tableau de bord de la procédure d'analyse des déséquilibres macroéconomiques.
Enfin, un accent particulier est également mis sur les incidences de ces déséquilibres nationaux sur l'ensemble de l'économie de la zone euro et sur l'approche coordonnée au niveau européen que ces incidences requièrent en termes de réponse politique. (Mathieu Bion)