Bruxelles, 26/11/2015 (Agence Europe) - Les députés européens et le commissaire Christos Stylianides ont appelé, mercredi 25 novembre, lors d'un débat en plénière, les partis politiques en Moldavie à se mettre d'accord pour former un gouvernement et à faire les réformes nécessaires.
« Nous continuons d'appeler au dialogue pour trouver une solution pérenne et faire face au plus urgent », a expliqué le commissaire au nom de la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. Les députés, tout comme M. Stylianides, ont regretté que la Moldavie, considérée il y a un an comme le bon élève du Partenariat oriental, ait, en douze mois, perdu ce statut. « Les réformes sont bloquées, ce n'est pas surprenant car le gouvernement change aussi vite que les saisons », a rappelé Petras Austrevicius (ADLE, lituanien), alors que le pays est en quête d'un cinquième Premier ministre pour la seule année 2015. Il a appelé les élites politiques à se réveiller et à se montrer responsables.
Un avis partagé par Elmar Brok (allemand) pour le PPE et par le S&D Andi Cristea (roumain). Selon ce dernier, il faut « plus de responsabilité de la part de la classe dirigeante et d'une classe politique qui puisse avoir la confiance des citoyens ». Pour cela, les politiques devront réformer en priorité le système judiciaire et de l'administration, lutter contre la corruption et enquêter sur la disparition de près d'un milliard d'euros des caisses des banques du pays, ont précisé les députés. « Les pouvoirs politiques et économiques ne vont pas seulement main dans la main, mais se confondent », a dénoncé Helmut Scholz (GUE, allemand).
« Cette faillite politique peut porter atteinte à la réputation de l'UE », a regretté Bas Belder (CRE, néerlandais), rappelant que l'UE devait s'interroger sur ces alliances politiques. Selon Heidi Hautala (Verts/ALE, finlandaise), un récent sondage a révélé que seulement 39% des Moldaves voteraient en faveur d'une adhésion à l'UE. Elle a expliqué ce chiffre par le fait que l'UE était utilisée comme couverture pour de mauvaises pratiques dans les politiques quotidiennes.
M. Stylianides a précisé que l'UE était prête à continuer de soutenir la Moldavie, mais seuls ses dirigeants politiques doivent relever les défis auxquels le pays fait face. (Camille-Cerise Gessant)