Bruxelles, 26/11/2015 (Agence Europe) - L'Examen annuel de la croissance de la Commission européenne, dévoilé jeudi 26 novembre, préconise des politiques socio-économiques inspirées du triptyque habituel conjuguant l'investissement, les réformes structurelles et la consolidation budgétaire responsable.
Dans un contexte marqué par un ralentissement de la croissance dans les pays émergents et les tensions géopolitiques, il convient de rendre les économies de l'UE plus résistantes et de les faire converger davantage en les nivelant par le haut, a estimé le commissaire chargé de l'Euro, Valdis Dombrovskis.
Pour 2016, les trois priorités clés énoncées en matière de politique socio-économique sont les mêmes qu'en 2015. « La priorité des priorités, c'est l'investissement. C'est ce qui pénalise la croissance », a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. Le plan 'Juncker' censé attirer 315 milliards d'euros d'investissements additionnels devra tourner à plein régime et un environnement réglementaire propice à l'investissement doit être mis en place. Deuxième priorité: la poursuite des réformes structurelles. « Cela implique une productivité accrue à travers des marchés du travail flexibles et protecteurs, couplés à des systèmes de protection sociale efficaces et durables. Cela implique aussi des marchés des produits et services plus concurrentiels et intégrés capables de stimuler l'innovation et la création d'emploi », a indiqué M. Dombrovskis. Et d'élever le maintien de politiques « responsables » de consolidation des finances publiques au 3ème rang des priorités de la Commission, alors que le déficit budgétaire moyen de la zone euro devrait être ramené à 1,7% du PIB en 2016.
Dans ses prévisions économiques d'automne, la Commission table sur une croissance de 1,6% du PIB dans l'Eurozone et de 1,9% dans l'UE28 en 2015. Pour 2016, la création de richesse devrait atteindre 1,8% dans l'UE19 et 2,0% au niveau de l'UE (EUROPE 11425).
Soutien technique aux réformes structurelles. Afin d'aider les États membres qui le souhaitent, la Commission a adopté, jeudi, une proposition de règlement instaurant un programme d'assistance technique à l'élaboration et à la mise en oeuvre des réformes structurelles, administratives et institutionnelles. À travers ce programme doté de 143 millions d'euros, notre intention est de permettre à tous les États membres de bénéficier de l'aide technique que nous prodiguons déjà à la Grèce et à Chypre, a fait savoir M. Dombrovskis.
À noter que, pour la première fois, la Commission a anticipé la présentation de sa recommandation pour l'ensemble de la zone euro. L'objectif est que les Dix-neuf en tiennent compte lors de l'adoption de leur budget pour 2016 sur lesquels l'Eurogroupe vient de statuer (EUROPE 11437). Outre les trois priorités clés déjà énoncées, figurent parmi les mesures préconisées la réduction graduelle des prêts bancaires non performants et l'amélioration des poursuites d'insolvabilité des entreprises et des particuliers, notamment à travers la restructuration d'une partie de la dette privée excessive.
L'emploi repart mais reste précaire. Jeudi, la Commission a présenté le projet de rapport conjoint sur l'emploi pour 2016, dans lequel elle dresse un bilan de la situation sociale qui est, somme toute, similaire à celui de la situation économique. L'emploi et la situation sociale s'améliorent, mais de manière lente et grâce, en grande partie, à l'augmentation du nombre de contrats à durée déterminée.
Point inquiétant, les disparités entre les États membres et à l'intérieur de ceux-ci se maintiennent pour ce qui est de la création d'emplois et du chômage de longue durée et celui des jeunes. Pire, ces disparités s'accroissent pour les conditions de vie. D'où l'insistance avec laquelle la commissaire à l'Emploi et aux Affaires sociales, Marianne Thyssen, a parlé du besoin de favoriser une « convergence par le haut » entre États membres. La Commission promeut, à cette fin, un mélange de flexibilité et de sécurité dans les réformes des marchés de l'emploi, ces dernières mesures étant jugées indispensables. Combattre le travail au noir, réduire la pression fiscale sur le travail, investir dans les ressources humaines et moderniser les systèmes de protection sociale constituent des approches à privilégier. (Mathieu Bion et Jan Kordys)