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Bulletin Quotidien Europe N° 11438
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

La COP21, une chance historique à saisir pour un accord ambitieux, contraignant et équitable, selon le commissaire Canete

Bruxelles, 25/11/2015 (Agence Europe) - Le compte à rebours a commencé pour la COP21 et les négociateurs n'ont pas le droit à l'échec, a souligné, mercredi 25 novembre, Miguel Arias Canete, commissaire européen à l'Action pour le climat, en qualifiant cette COP d'événement « historique, le plus important de l'année par le message qu'il délivrera au monde ».

Il s'exprimait aussi en tant que négociateur en chef pour l'UE, comme le sera Carole Dieschbourg, la ministre de l'Environnement du Luxembourg, pour le compte de la Présidence du Conseil.

L'UE souhaite un accord ambitieux, qui devrait conduire à intensifier le recours aux énergies renouvelables et aux technologies à faible teneur en carbone, a rappelé le commissaire. Le fait que « la Chine et l'Inde, ensemble, multiplient par trois le niveau des renouvelables » est, selon lui, de bon augure. Que 170 pays représentant plus de 95% des émissions, y compris le G20 et les petits États insulaires, soient autour de la table, l'est aussi. Mais cela ne suffit pas.

Miguel Arias Canete a dit son plein soutien à la Présidence française de la COP, endeuillée par les attentats du 13 novembre, pour qu'elle réussisse dans sa tâche. « Nous avons la volonté que cet accord soit couronné de succès. Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare », a-t-il dit. « Certain » que les 196 parties parviendront à un accord à Paris, M. Canete a insisté sur la nécessité de parvenir à « un bon accord ». Or, à ce stade, « le texte est trop long, trop complexe, il contient trop d'options ».

Un accord minimaliste ne serait pas le bon accord qu'il appelle de ses voeux. « L'UE veut un accord ambitieux qui ne peut être un accord de principe, mais un accord robuste, juridiquement contraignant, qui permette à la communauté internationale de se rapprocher des 2 degrés Celsius ; un accord juste qui place l'atténuation et l'adaptation sur le même pied et permette d'assurer le financement adéquat ».

L'accord ou le Protocole de Paris devra contenir un engagement fort en matière d'atténuation pour combler l'écart entre les engagements et les 2 degrés Celsius, a averti M. Canete. Et si les Américains ne peuvent accepter que leur INDC soit contraignante, « ils doivent prouver comment tenir leur engagement de manière facultative »

Pour pouvoir qualifier la COP 21 de succès, il faut, de l'avis du commissaire, que l'accord délivre un message clair concernant la volonté des gouvernements de maîtriser les émissions nationales, ce qui suppose trois choses: - un mécanisme de révision mondial pour que les objectifs soient opérationnels ; - un mécanisme de réexamen régulier des engagements pour en rehausser l'ambition ; - une grande transparence et un système de vérification des engagements. « Ce ne sera pas facile, car les négociateurs ont du mal à trouver un point de départ commun pour les deux degrés Celsius », a reconnu le commissaire.

Au-delà des gouvernements, les autorités locales, la société civile, le secteur privé et tout un chacun auront un rôle important à jouer pour contribuer à une lutte efficace contre les dérèglements climatiques, a dit M. Canete. Selon un sondage Eurobaromètre publié le même jour, 93% des citoyens européens jugent que la lutte contre le changement climatique ne sera une réalité que si tous les pays agissent ensemble.

Répondant aux journalistes, le commissaire a apporté d'autres précisions. Ainsi, alors que les ONG doutent de l'efficacité des marchés du carbone, faute d'ambition suffisante (l'UE a déjà atteint son objectif de réduction pour 2020), le commissaire a estimé que les marchés du carbone étaient « un bon outil pour parvenir à une société sobre en carbone » et que, « si l'accord peut tenir compte de l'évolution des marchés du carbone, ce sera une bonne chose » ; - les mécanismes de développement propre, s'ils sont mis en place, devront faire l'objet d'une réglementation stricte pour garantir que ce type d'outil débouche sur une action réelle ; - l'UE est favorable à l'inclusion du transport maritime international et de l'aviation internationale « car nous reconnaissons qu'il faut progresser davantage au sein de l'OMI et de l'OACI. Cet engagement sera dans l'accord ».

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, participera à la COP 21 avec les 130 dirigeants qui ont annoncé leur venue à Paris le 30 novembre. (Aminata Niang)

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