Bruxelles, 25/11/2015 (Agence Europe) - Une porte-parole de la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a jugé, mardi 24 novembre, que la peine de mort prononcée en Arabie saoudite contre le poète d'origine palestinienne Ashraf Fayad pour athéisme et apostasie, c'est-à-dire renoncement à l'Islam, était « inacceptable ».
« Nous espérons que, dans le cas de l'appel, la condamnation de M. Fayad sera révisée et permettra sa libération », a-t-elle expliqué dans une réponse à EUROPE. Elle a ajouté que dans ses contacts avec ses « partenaires » saoudiens, l'UE continuerait de souligner que « des progrès décisifs étaient nécessaires dans le domaine de la liberté de religion et de conviction ». La porte-parole a rappelé que l'UE avait appelé à plusieurs reprises les autorités saoudiennes à suspendre la peine de mort, car « cela représente une négation inacceptable de l'intégrité et de la dignité humaine ».
Ashraf Fayad avait été condamné en 2014 en première instance à quatre ans de prison et 800 coups de fouet à la suite d'une plainte l'accusant d'avoir tenu des propos contre Dieu et de blasphèmes dans un recueil de poèmes écrit dix ans plus tôt.
« Nous appelons tous les États à abroger les dispositions juridiques qui pénalisent ou discriminent des individus pour avoir abandonné ou changé leur religion ou conviction ou pour avoir incité les autres à changer de religion ou de conviction, en particulier lorsque des cas d'apostasie, hétérodoxie ou conversion sont passibles de la peine de mort ou de longues peines de prison », a ajouté la porte-parole de la Haute Représentante.
Selon Amnesty International, 151 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite depuis le début de 2015, un record depuis 1995 (EUROPE 11433). (Camille-Cerise Gessant)