Bruxelles, 25/11/2015 (Agence Europe) - Le Parlement européen a repris à son compte à une large majorité le projet de rapport 'Dati' sur la prévention de la radicalisation, mercredi 25 novembre.
Douze jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis, les eurodéputés ont souligné la nécessité d'« actions coordonnées par les États membres et l'UE afin d'empêcher la radicalisation des jeunes Européens et de lutter contre le terrorisme » dans une résolution non législative. Portée par la Française Rachida Dati (PPE), cette résolution présente des propositions pour une stratégie de lutte contre l'extrémisme à appliquer dans les prisons, en ligne et par le biais de l'éducation et de l'inclusion sociale (EUROPE 11414).
Lors de la préparation de ce rapport, les députés n'ont toutefois pas pu cacher leurs divisions, notamment sur le projet de directive 'PNR européen' autorisant le transfert de données de passagers aériens (EUROPE 11435). Le groupe PPE a accusé à nouveau le groupe S&D de vouloir diluer le projet et de le retarder, chose démentie par les sociaux-démocrates. La résolution réaffirme d'ailleurs l'engagement du PE à boucler le dossier avant la fin 2015 tout en soulignant que cet outil n'est qu'une réponse parmi d'autres.
La résolution votée insiste, entre autres, sur l'échange d'informations entre États membres. Le PE veut établir une liste noire européenne des djihadistes et des terroristes présumés. Il veut aussi parvenir à une définition commune des combattants étrangers afin de pouvoir les poursuivre pénalement à leur retour dans l'UE. Tout combattant étranger devrait ainsi être mis sous contrôle judiciaire et, si nécessaire, placé en rétention administrative à son retour en Europe, jusqu'à ce que des poursuites soient engagées.
Le PE souligne encore la nécessité de mener des contrôles obligatoires et systématiques aux frontières extérieures de l'UE. Les échanges d'informations entre les autorités nationales d'application de la loi et Europol doivent être renforcés. Pour empêcher les combattants étrangers potentiels de quitter l'UE, les députés proposent encore de confisquer leurs passeports et de geler leurs avoirs financiers. Le PE veut aussi prévenir la propagation de l'extrémisme violent en ligne et dans les prisons, séparer les détenus radicalisés des autres détenus. Une mesure qui fait débat dans les États membres. (Solenn Paulic)