Bruxelles, 25/11/2015 (Agence Europe) - Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, a appelé à l'unité des Européens afin d'affronter le fléau du terrorisme, mercredi 25 novembre à Strasbourg, lors d'une allocution solennelle dans l'hémicycle du Parlement européen.
« Aucun pays n'est en mesure d'affronter, seul, le terrorisme », a déclaré M. Mattarella. Selon lui, « cette bataille » contre la violence et pour le maintien de la sécurité et de la liberté oblige les Européens à faire preuve d'« unité » et à s'impliquer sur le long terme pour faire émerger une véritable politique européenne de défense et de sécurité commune. « L'Europe peut favoriser les convergences nécessaires au niveau international sur la Syrie, l'Irak et la Libye en recherchant des solutions partagées qui s'opposent efficacement aux forces du désordre et de la terreur », a-t-il aussi indiqué, faisant référence à l'avion russe abattu par l'armée turque à la frontière turco-syrienne.
Estimant que l'Europe « blessée » traverse une période « particulièrement douloureuse » notamment après les attentats de Paris du 13 novembre, le président italien a exprimé la solidarité « totale et inconditionnelle » de l'Italie à la France et aux familles des victimes. Il a rendu hommage à Valeria Solesin, l'étudiante italienne de la Sorbonne tuée dans l'attaque du théâtre Bataclan, un hommage qu'a également relayé le président du PE, l'Allemand Martin Schulz.
S'inscrivant dans la ligne traditionnelle d'une Italie apportant un soutien sans faille à l'intégration européenne, M. Mattarella a estimé que l'Europe, depuis sa création, avait favorisé l'émergence d'un « demos européen » et d'un « patrimoine commun » à travers une fusion croissante des sociétés nationales. Il a loué l'espace unique de liberté qu'il ne faut pas remettre en question, tout en reconnaissant que l'Espace Schengen de libre circulation des personnes était mis sous pression en raison du défi migratoire et de la menace du terrorisme. Selon lui, la sauvegarde de cet espace passera nécessairement par davantage de coopération en vue, notamment, de mieux gérer les frontières externes de l'UE. Cette coopération devrait se matérialiser dans la révision des accords de Dublin en matière d'asile qui sont, selon lui, « dépassés par la réalité ». (Mathieu Bion)
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