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Bulletin Quotidien Europe N° 11438
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

Les consommateurs plaident pour un meilleur accès aux médicaments

Bruxelles, 25/11/2015 (Agence Europe) - Le développement, l'accessibilité et la disponibilité des médicaments en Europe devraient être améliorés. C'est ce que réclame le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), dans une prise de position publiée mercredi 25 novembre.

L'organisation, qui représente 41 organisations nationales dans 31 pays, dénonce trois problèmes. D'abord, elle regrette que les médicaments dont les consommateurs ont le plus besoin ne soient pas développés. Le BEUC appuie ses critiques sur un article affirmant que les priorités du plus important partenariat public-privé d'Europe pour le développement des médicaments, l'Initiative pour des médicaments innovants (IMI), se concentrent sur moins de la moitié des domaines identifiés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ensuite, le BEUC déplore que le prix démesuré de certains nouveaux (ou même anciens) médicaments salvateurs, comme ceux pour l'hépatite-C ou contre certains cancers. Selon l'organisation, les ménages espagnols doivent maintenant payer 58% de plus aujourd'hui pour l'ensemble des médicaments qu'en 2010 tandis que 39% des ménages portugais ne peuvent pas se payer les médicaments dont ils ont besoin. Enfin, le BEUC note que certains médicaments sont indisponibles en raison de pénuries. Ainsi, deux tiers des pharmacies en hôpital font état de pénuries qui affectent leur travail sur une base journalière ou hebdomadaire.

Le Bureau européen des consommateurs conclut sa note par une série de recommandations. Pour ce qui concerne le développement des médicaments d'abord, la Commission européenne et les compagnies pharmaceutiques sont invitées à axer les fonds de recherche sur des domaines d'intérêt public. Il rappelle également que le système d'« accès anticipé aux nouveaux médicaments » (qui permet d'autoriser de manière anticipative la prescription d'un médicament à un sous-groupe de malades particulier dont les besoins ne sont pas satisfaits) devrait être une exception et pas une règle. En corollaire, il faudrait avoir une définition claire des « besoins médicaux non satisfaits ». « Les patients utilisant des systèmes d'accès anticipé devraient recevoir la même protection que les participants participant à des essais cliniques », estime le BEUC.

Pour ce qui concerne le problème d'accessibilité, le BEUC réclame une évaluation européenne de la valeur ajoutée des médicaments nouveaux et existants. L'organisation de consommateurs affirme en effet que de nombreux nouveaux médicaments n'offrent aucune valeur ajoutée comparé aux anciens traitements, alors qu'ils font peser plus de risques sur le patient, puisqu'ils n'ont été testés que sur un petit nombre de personnes. Elle soutient les nouvelles formules pour partager des informations sur les prix des médicaments et appelle à rester vigilant en ce qui concerne les pratiques anticoncurrentielles de firmes pharmaceutiques.

Enfin, pour régler le problème de la disponibilité, le BEUC plaide pour un meilleur suivi et davantage de transparence sur les causes des pénuries et les solutions mises en oeuvre. « Une action coordonnée à l'échelon européen est plus que nécessaire pour répondre aux approches divergentes en matière d'innovation, de réglementation, de prix, de remboursement et de fourniture des médicaments. (…) Il est urgent de consacrer les budgets de recherche et de santé à des produits innovants ayant une réelle valeur thérapeutique », conclut l'organisation (Sophie Petitjean)

 

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