Bruxelles, 25/11/2015 (Agence Europe) - Dans une tribune publiée dans la Suddeutsche Zeitung, le Premier ministre français, Manuel Valls, a expliqué que l'UE devait stopper complètement les flux de migrants en provenance du Moyen-Orient. « Nous ne pouvons accueillir plus de réfugiés en Europe. Ce n'est pas possible », a expliqué le responsable français qui a appelé à sécuriser les frontières européennes.
« Si on ne fait pas cela, alors les peuples vont dire: l'Europe ça suffit !». Le Premier ministre français a jugé, alors que le chef de l'État français, François Hollande, se rendait mercredi 25 novembre à Berlin à la rencontre d'Angela Merkel, que la politique d'ouverture de la chancelière allemande était « un choix honorable », mais que la France, pour sa part, ne pourrait pas prendre plus que les 30 000 personnes qu'elle s'est engagée à accueillir au titre des décisions de relocalisation.
Angela Merkel a, quant à elle, averti, à Berlin, mercredi 25 novembre, selon Reuters, que l'espace de libre circulation Schengen nécessiterait un développement supplémentaire et que les plans de répartition des réfugiés au sein des Vingt-huit détermineraient le futur de cet espace. La chancelière a expliqué que, « comme ce fut le cas avec l'Union économique et monétaire, à ce jour, concernant la gestion de l'espace Schengen, nous ne sommes pas allés au bout du chemin en termes de solutions politiques » et que la zone a reposé jusqu'ici essentiellement sur la confiance mutuelle. Un débat au Conseil sur l'état de l'espace Schengen est prévu au début de décembre à Bruxelles entre les ministres de l'Intérieur.
À ce jour, 158 relocalisations de réfugiés ont eu lieu dans l'UE, sur un total prévu de 160 000. La Suède a demandé à bénéficier du mécanisme de relocalisation, ayant atteint la limite de ses capacités d'accueil. La Slovaquie et la Hongrie ont annoncé, pour leur part, qu'elles contesteraient le mécanisme devant la Cour de justice de l'UE. Quant au Danemark, pays qui a volontairement accepté de prendre des réfugiés chez lui en septembre, a lui aussi indiqué qu'il suspendait la prise en charge de 1 000 personnes depuis la Grèce et l'Italie. (Solenn Paulic)