Bruxelles, 28/10/2015 (Agence Europe) - Les députés européens ont appelé, mardi 27 octobre dans la soirée, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, à faire plus pour une solution politique au Proche-Orient.
« Au sein des libéraux, nous pensons que vous devez prendre davantage d'initiatives, aller au-delà des contacts bilatéraux habituels », a expliqué Hilde Vautmans (ADLE, belge). Elle a souhaité que celle qui dirige la diplomatie européenne incite les dirigeants du Quartet « à renforcer cette initiative de paix » et qu'elle aille « au-delà de la diplomatie de la navette » qui « n'incite personne à faire de véritables concessions ». Mme Vautmans et ses collègues de l'ADLE, Guy Verhofstadt (président du groupe), Fernando Maura Barandiarán et Javier Nart, ont d'ailleurs écrit à la Haute Représentante le 22 octobre pour l'exhorter à « lancer une initiative de paix européenne visant à obtenir un règlement du conflit israélo-palestinien». « Toutes les forces et les moyens à notre disposition en tant qu'Européens doivent maintenant être engagés pour développer une telle initiative de paix », sous la direction de Mme Mogherini, ont-ils ajouté.
« Il faut maintenant mettre en place des mesures internationales qui permettraient de réduire les tensions et d'aboutir à la paix. La communauté internationale doit aussi faire preuve de son engagement à agir, car parler pour parler n'aide ni les Palestiniens, ni les Israéliens », a expliqué Martina Anderson (GUE, britannique). Tout en se disant « convaincu » par le travail de diplomatie silencieuse de Mme Mogherini, Fabio Massimo Castaldo (ELDD, italien) a considéré qu'il était « temps de prendre une position publique d'une voix forte et claire ». « Nous devons faire la différence. Prenons l'initiative avec une mission de paix pour protéger les civils dans les territoires occupés », a-t-il ajouté, souhaitant qu'une telle initiative se fasse sous commandement de l'UE et avec l'accord du Conseil de sécurité des Nations unies.
Margrete Auken (Verts/ALE, danoise) a reproché à Mme Mogherini de ne pas avoir pris les mesures qu'elle aurait pu prendre. « Pourquoi avez-vous retardé la publication des lignes directrices sur les produits des colonies ? Pourquoi n'avez vous pas réagi face à la destruction d'infrastructures financées par l'UE dans la zone C ? Quelles sont les mesures prises pour rédiger une liste noire des colons violents et empêcher leur déplacement dans l'UE ?... », s'est interrogée Mme Auken. Le porte-parole au commerce de la Commission européenne a expliqué le 28 octobre à EUROPE que le travail technique sur l'étiquetage des produits issus des colonies était toujours en cours, ajoutant qu'il n'y avait pas de délai établi pour que la Commission présente ses orientations aux États membres. « Il y a toute une série de mesures que Bruxelles et vous-mêmes pourriez prendre immédiatement et indépendamment des négociations en cours », a ajouté Mme Auken.
Pour Gianni Pittella (S&D, italien), « le rôle de l'UE est de faire renaître l'espérance. Ce n'est pas la rhétorique qui le permettra, ce sont les faits ». Mariya Gabriel (PPE, bulgare) a assuré Mme Mogherini du plein soutien du Parlement européen pour ses actions.
De son côté, la Haute Représentante a expliqué que l'UE avait un rôle d'« intermédiaire », de « diplomatie », de « facilitateur ». « On peut exhorter et condamner, mais cela ne servira pas à grand-chose. Entretemps, il faut essayer de rassembler les parties, avec la communauté internationale, c'est en cela que consiste notre tâche », a-t-elle expliqué. « Je ne vois pas beaucoup d'acteurs se bousculer au portillon pour faire cette action de médiation. Les Européens sont parmi les seuls », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)