Bruxelles, 28/10/2015 (Agence Europe) - Le gouvernement turc a annoncé, mardi 27 octobre, avoir saisi un tribunal d'arbitrage pour trancher son différend sur le prix du gaz que lui fournit Gazprom.
Gazprom et le gazier public turc Botas avaient annoncé, en décembre 2014, un contrat prévoyant une baisse de 6% du prix du mètre cube de gaz russe acheté par la Turquie, qui avait ensuite demandé un rabais supplémentaire de 15%. Gazprom avait accepté une baisse de 10,25%, mais aucun accord n'avait été signé.
Faute de réponse russe après des échanges intenses sur ce dossier, la Turquie a donc porté l'affaire devant un tribunal d'arbitrage, a fait savoir mardi le ministre turc de l'Énergie, Ali Riza Alaboyun.
De son côté, Gazprom a assuré qu'il s'agissait d'une procédure « normale » prévue par le contrat et qu'un accord russo-turc était possible avant les audiences.
Ce contentieux n'empêchera pas la Turquie de continuer d'acheter son gaz à la Russie comme d'habitude, a pour sa part laissé entendre le ministre turc, M. Alaboyun, relayé par un média national.
Malgré d'importantes divergences au plan international sur le dossier de la Syrie, où Moscou appuie militairement le régime de Bachar al-Assad, la Russie et la Turquie sont de proches partenaires en matière énergétique, la Turquie étant le deuxième client étranger de Gazprom derrière l'Allemagne.
En outre, les deux pays se sont lancés, en décembre 2014, dans un projet de nouveau gazoduc les reliant sous la mer Noire, le Turkish Stream, annoncé dans la foulée de l'abandon par Gazprom du projet de gazoduc South Stream, qui devait relier l'UE et la Russie sous la mer Noire.
Gazprom et Botas avaient signé un protocole d'accord pour la construction de ce gazoduc censé fournir 16 milliards de mètres cubes de gaz par an à la Turquie et délivrer à la frontière gréco-turque 47 milliards de mètres cubes de gaz par an destinés au marché européen.
Des rumeurs sur le gel du projet Turkish Stream courent depuis l'été. Mais après une réunion avec son homologue turc, M. Alaboyun, en marge d'une réunion des ministres de l'Énergie du G20 le 2 octobre à Ankara, le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, avait expliqué que les deux parties avaient convenu d'attendre les élections au Parlement turc et la formation d'un nouveau gouvernement pour préparer un accord intergouvernemental. M. Novak avait aussi annoncé des discussions bilatérales au plan technique sur le Turkish Stream cet automne. (Emmanuel Hagry)
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