Bruxelles, 14/10/2015 (Agence Europe) - De nombreux parlementaires nationaux, invités mardi 13 octobre à débattre au Parlement européen au sein de la commission des transports et du tourisme (TRAN) sur la dimension transfrontalière du Réseau transeuropéen de transports (RTE-T), ont fait part de leur inquiétude quant à l'isolement de certaines régions périphériques au vu des corridors prévus.
En tout, un peu moins d'une quarantaine de parlementaires issus de 14 pays, dont la Norvège et la Turquie, étaient présents. Après une présentation par la commissaire aux Transports, Violeta Bulc, du RTE-T et de son principal instrument financier, le mécanisme pour l'interconnexion en Europe (MIE), de nombreux parlementaires ont souligné l'existence de « zones grises » qui ne sont traversées par aucun des neuf corridors, souvent en raison de leur faible densité de population. Il en est ainsi des zones du Grand Nord et du cercle polaire, comme l'ont souligné des députés nationaux de la Finlande et l'eurodéputée Merja Kyllönen (GUE/NGL, finlandaise), des zones qui, pourtant, selon ces derniers, représentent un réel potentiel économique. De même en Irlande, rappellent les députés nationaux, où 95% des fonds européens seraient alloués au réseau central concerné par le RTE-T et seulement 5% au reste du réseau. Pour l'Italie, les députés présents ont exhorté à une redéfinition du tracé pour mieux intégrer le sud du pays, notamment aux alentours de Naples. Même son de cloche chez une députée roumaine, qui a mis en exergue l'isolement du nord de la Roumanie.
La question de la modification des tracés des corridors a constitué le corollaire de ce constat. Nombre des parlementaires ont donc demandé s'il était possible de les modifier. Une parlementaire slovène a, par exemple, demandé d'inclure les Balkans occidentaux dans les corridors « afin de stabiliser la région ». Olivier Onidi, de la DG Transports de la Commission, a indiqué sur ce point qu'une modification était prévue pour inclure cette région.
La question du rail a été également soulevée. Mathieu Grosch, le coordinateur européen responsable du corridor oriental-Méditerranée orientale, a indiqué que le secteur ferroviaire était désavantagé, malgré les cofinancements européens qui se concentrent en premier lieu sur le réseau fluvial et ferroviaire. Un constat partagé par un député letton qui a indiqué que les États baltes n'étaient pas raccordés à la Pologne, mais seulement à la Russie, et qu'il existait, en outre, des obstacles d'ordre technique, comme l'écartement des rails qui diffère d'un État à un autre. De même, un parlementaire suédois a regretté qu'un transfert de financement n'ait pu être opéré au profit du rail. « Cela fait 30 ans qu'on essaie d'améliorer le réseau européen, mais ce dernier reste toujours un patchwork », a déploré Michael Cramer (Verts/ALE, allemand), reprenant les propos de la commissaire. Selon lui, le rail reste désavantagé, car il ne peut concurrencer le réseau routier au niveau européen, qui fait l'objet d'une taxation différente d'un pays à un autre, le rendant plus compétitif. Pour l'eurodéputé allemand, il faut, par conséquent, une concurrence juste entre les deux modes de transport, « sinon nous n'arriverons jamais à donner une chance au ferroviaire ni, par ailleurs, à lutter contre le changement climatique », a-t-il averti. (Pascal Hansens)