Bruxelles, 12/10/2015 (Agence Europe) - L'Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA) demande à la Commission européenne de prendre en compte les contraintes économiques du marché automobile dans l'élaboration des modalités des tests d'émissions en conditions réelles de conduite.
Même si l'association se dit en faveur d'une limitation des émissions de gaz polluant, et notamment de l'oxyde d'azote (NOx), « il est cependant important de procéder de telle manière à ce que les constructeurs puissent planifier et mettre en oeuvre les changements nécessaires, sans compromettre le rôle du diesel comme l'un des piliers dans l'atteinte des objectifs futurs en matière de rejet de CO2 », a expliqué Erik Jonnaert, secrétaire général de l'ACEA, dans un communiqué.
Si les conditions et les délais ne sont pas réalistes, alors certains véhicules diesel pourraient devenir hors de prix, une situation qui forcerait les constructeurs à les retirer de la vente, estime l'organisation. Selon elle, une telle situation pourrait avoir des conséquences sur le choix des consommateurs et sur l'emploi. « Ceci n'affecterait pas seulement les voitures particulières, mais aussi les véhicules utilitaires, où le diesel est à l'heure actuelle la technologie de choix pour les opérateurs », commente l'ACEA.
Cette vision semble être partagée par certains membres du groupe PPE au Parlement européen. La semaine dernière, le Polonais Jerzy Buzek s'était demandé si le scandale de Volkswagen ne mettait pas en lumière l'irréalisme des normes imposées en Europe en matière d'émissions de gaz polluant, peu avant l'intervention de la commissaire au Marché intérieur et à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska (EUROPE 11404).
« Les constructeurs automobiles affirment que les véhicules diesel sont déjà propres et, dans le même temps, demandent aux ministres européens de repousser les échéances quand il s'agit d'appliquer de nouvelles réglementations aux nouveaux modèles. Il est temps que les constructeurs mettent de l'ordre dans leurs affaires et leurs véhicules », rétorque Greg Archer, responsable de la politique en matière de véhicule propre au sein de l'organisation 'Transport & Environnement'. (Pascal Hansens)