Bruxelles, 12/10/2015 (Agence Europe) - Ces dernières années, une timide convergence entre les régions européennes est observée mais les disparités socio-économiques et démographiques restent grandes, selon l'annuaire régional 2015 qu'a publié l'Office statistique de l'UE (Eurostat), vendredi 9 octobre.
Ces résultats confirment les tendances antérieures. Selon les trois indicateurs stratégiques qu'utilise Eurostat (PIB par habitant, évolution démographique et taux de chômage), une convergence est observable sur la période allant de 2000 à 2014. Ainsi, en 2000, le PIB par habitant dans les régions les plus développées (PIB par habitant supérieur à 90% de la moyenne européenne des Vingt-sept) était 2,8 fois plus élevé que celui des régions les moins développées (PIB par habitant inférieur à 75% de la moyenne européenne des Vingt-sept). En 2013, ce ratio était tombé à 2, selon l'office. Ce ratio est particulièrement élevé dans certains États, comme au Royaume-Uni, en Roumanie, en Slovaquie et en France et s'établit à 3.
Par ailleurs, les auteurs de l'étude notent que les régions en transition (PIB par habitant compris entre 75 et 90% du PIB moyen de l'UE-27) sont celles qui ont été les plus touchées par la crise. En 2013, leur PIB par habitant était resté en deçà du niveau qu'elles avaient connu en 2007, alors que les régions les plus développées ont récupéré leur niveau à partir de 2013. Tandis que les régions avaient récupéré leur niveau d'avant la crise dès 2010. Ceci peut s'expliquer aussi par une démographie en berne, selon l'étude.
L'évolution démographique représente l'un des indicateurs autour duquel se structurent les plus grandes disparités entre les régions et États membres. Entre 2008 et 2014, la population de l'UE a augmenté de 1,3% pour atteindre 507 millions d'habitants. Un double mouvement est à constater au niveau européen et au niveau national. Dans le 1er cas, les pays orientaux et baltes (en particulier la Lituanie et la Lettonie) connaissent une chute démographique prononcée, au contraire du Luxembourg et de Chypre, qui enregistrent, quant à eux, une progression à deux chiffres. Au niveau national, les données collectées montrent une dépopulation des zones rurales au profit des régions urbaines et métropolitaines. Ces évolutions s'expliquent par l'évolution des bassins d'emploi aux niveaux national et européen, notent les auteurs. (Pascal Hansens)