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Bulletin Quotidien Europe N° 11408
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La Grèce promet cinq 'hotspots' opérationnels d'ici à un mois

Bruxelles, 12/10/2015 (Agence Europe) - Les dispositifs dits « hotspots » devraient être opérationnels en Grèce d'ici à une dizaine de jours avec un premier centre « hotspot » mis en place sur l'île de Lesbos, à Mytilène, a annoncé, samedi 10 octobre, le ministre luxembourgeois en charge de l'Immigration et de l'Asile, Jean Asselborn, lors d'un déplacement en Grèce avec le commissaire européen Dimitris Avramopoulos.

Quatre autres « hotspots » sur les îles grecques seront mis en place dans la foulée, le port du Pirée constituant actuellement le centre à partir duquel s'organise la logistique de ces « hotspots ». Le ministre grec délégué à l'Immigration, Yannis Mouzalas, a, lui, indiqué que les cinq hotspots dans le pays seront opérationnels « dans un mois ». Jean Asselborn et Dimitris Avramopoulos devraient par ailleurs à nouveau se rendre à la fin de cette semaine à Mytilène.

Samedi 10 octobre, les deux hommes se sont rendus sur les îles grecques pour évaluer la situation migratoire. Selon Frontex, 1 migrant sur 5 entré dans l'UE au second semestre 2015 l'avait fait, selon un rapport publié le 7 octobre, via l'île de Lesbos, où les Pakistanais constituent la plus importante nationalité. Les Syriens sont arrivés, eux, surtout sur l'île de Chios, alors qu'à Samos la plupart des migrants venaient d'Afghanistan.

Lors d'une conférence de presse, Jean Asselborn a insisté sur l'importance de contrôler les frontières extérieures de l'UE et d'enregistrer les personnes qui entrent dans l'Union. « Sans une gestion rationnelle et efficace des frontières extérieures de l'UE, l'espace Schengen va s'écrouler », relate la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'UE dans un communiqué. « Si le contrôle des frontières ne fonctionne pas et si les gens entrent sans être enregistrés, quasiment tous les États membres vont réintroduire des contrôles à leurs frontières intérieures », a ajouté M. Asselborn.

Un Sommet européen concentré sur les retours et le rôle de Frontex

Le sujet des migrations occupera encore l'agenda du Sommet européen des jeudi 15 et vendredi 16 octobre (le Sommet ne pourrait durer que le soir du 15 octobre, a-t-on appris). Dans une version provisoire des conclusions, datée du 9 octobre et ayant circulé au cours du week-end, les États membres insistent sur la coopération avec les pays tiers pour réguler les flux de migrants et demandent notamment à se pencher rapidement sur le plan d'action proposé par l'UE à la Turquie, l'UE se disant prête à accroître son soutien politique et financier. Dans une version plus récente des conclusions en date du 12 octobre, les leaders s'engagent à mentionner le processus de libéralisation des visas pour les Turcs, qui pourrait être accéléré, si la Turquie adopte le plan d'action.

Les leaders devraient aussi demander à ce que le Sommet de La Valette les 11 et 12 novembre prochains aboutisse à des actions concrètes. Selon un document de travail provisoire de ce Sommet de La Valette, il s'agirait de produire une déclaration politique et un plan d'action conjoint avec les pays africains. La question du développement socio-économique, de la prévention et de la résolution des conflits, mais aussi celle de la mise en place de voies légales (économiques) de migration vers l'UE devraient être évoquées. Le Sommet de La Valette devrait aussi parler du volet 'réadmission et retour' des migrants irréguliers dans l'UE ainsi que de la possible création dans les pays africains de centres d'accueil des demandeurs d'asile où, après leur identification, certains d'entre eux pourraient rejoindre l'UE ou bien être renvoyés vers leur pays d'origine.

Le Sommet européen du 15 et 16 octobre devrait encore demander à explorer les possibilités, dans les pays tiers affectés, de créer des centres d'accueil de demandeurs d'asile et réfugiés potentiels. La Commission européenne a déjà exploré cette possibilité avec la Turquie, en lui proposant le 5 octobre de cofinancer six centres d'accueil de réfugiés pour soulager la prise en charge des migrants et améliorer leurs conditions de vie sur place. Le Sommet européen consacrera aussi un important volet au renforcement des frontières extérieures de l'UE en affirmant qu'il faudra aller vers l'établissement graduel d'un système européen de gestion des frontières extérieures, renforcer le mandat de l'agence Frontex dans le contexte des discussions sur un système européen de garde-côtes, renforcer les solutions techniques pour améliorer les contrôles aux frontières extérieures (le principe de l'utilisation des 'smart borders') et insister sur la création de hotspots supplémentaires avant la fin novembre. Les leaders devraient aussi demander à accélérer la mise en oeuvre des décisions de relocalisations alors que 19 Érythréens ont été relocalisés le 9 octobre depuis l'Italie vers la Suède.

Reprenant les discussions des ministres de l'Intérieur le 8 octobre à Luxembourg, les leaders insisteront sur les missions de 'retour' de l'agence Frontex qui devrait être habilitée à organiser des vols conjoints et délivrer les documents de laissez-passer pour les personnes faisant l'objet d'un retour. Il faudra aussi promouvoir auprès des pays tiers l'acceptation de ce laissez-passer européen, stipule le projet provisoire discuté samedi 10 octobre par les Représentants permanents. L'accueil a été plutôt positif et de nouvelles conclusions avaient été préparées le 12 octobre. Le projet de conclusions ne devrait en tout cas pas reprendre d'éléments sur la création d'un possible 'corps' de garde-frontières européens comme l'ont proposé les Français le 8 octobre, l'idée ne faisant pas consensus au sein des pays membres. (Solenn Paulic)

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