Bruxelles, 29/09/2015 (Agence Europe) - Les pays des Balkans occidentaux souhaiteraient une approche plus innovante du processus d'élargissement, ont souligné des représentants de ces pays, mardi 29 septembre.
Ainsi, « les hommes politiques, les universitaires, les gouvernements et les parlements devraient essayer d'identifier de nouvelles voies pour rendre le processus d'élargissement plus innovant et ne pas perdre de temps », a expliqué Majlinda Bregu, présidente du comité d'intégration européenne du Parlement albanais et ancienne ministre de l'Intégration européenne, lors de la conférence de l'European Policy Center sur le rôle des États membres dans le processus d'élargissement.
Si la politique d'élargissement est la « meilleure, la plus importante politique » à laquelle les Balkans font face, Mme Bregu a critiqué le fait qu'alors que le processus approche de sa réalisation il n'y a « pas de date pour la destination finale », l'adhésion. « Il y a des attentes, mais pas de calendrier », a-t-elle regretté, ajoutant que ce n'était « pas un bon message pour les gouvernements, qui perdent l'élan ».
La députée albanaise a ajouté que l'annonce de la Commission qu'il n'y aurait aucun élargissement en perspective dans les 5 ans à venir avait eu pour conséquence que les gouvernements des Balkans faisaient attention à leur agenda local plutôt que de mettre l'accent sur l'agenda européen.
Pour elle, il est aussi nécessaire d'avancer dans le processus d'adhésion, même si toutes les normes ne sont pas remplies. « Même si des normes sont manquantes, nous devrions avancer et l'UE devrait être plus impliquée pour demander que les normes soient respectées», ajoutant que cela prendrait un peu de temps. « Il faut plus de décisions politiques et moins de rhétorique politique », a-t-elle ajouté.
De son côté, la négociatrice en chef pour l'adhésion de la Serbie à l'UE, Tanja Mišèeviæ, a appelé l'UE à être plus claire dans sa communication. « Nous devons donner un visage humain au processus d'élargissement », a-t-elle expliqué. Elle a aussi demandé à la Commission d'arrêter d'utiliser l'expression « fatigue de l'élargissement », qui selon elle, donne le « sentiment », dans les Balkans occidentaux, « qu'on ne nous veut pas » dans l'UE. (Camille-Cerise Gessant)