Bruxelles, 29/09/2015 (Agence Europe) - Le vice-président de la Majlis Al-Shura d'Arabie saoudite, Mohammed bin Amin Al-Jefri, a souligné, lundi 28 septembre, que le président Bachar al-Assad ne faisait pas partie d'une solution en Syrie, alors que certains occidentaux pourraient assouplir leur position à son encontre dans le cadre de la lutte contre Daesh.
« Une solution pacifique et politique est la seule solution à la crise en se fondant sur le résultat de Genève 1 et il ne faut pas associer Bachar al-Assad dont les mains sont tachées de sang », a-t-il expliqué devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. « On pourrait aider les différents groupes d'opposition à s'unir autour d'une solution, mais si la communauté internationale permet à al-Assad d'être partie de la solution cela sera impossible. Comment convaincre les Syriens après tous ces morts que la solution passe par lui ? », a-t-il ajouté.
Interrogé sur la mise en place d'une plateforme avec les principaux acteurs pour une solution en Syrie, Mohammed bin Amin Al-Jefri a considéré que la plateforme existait déjà, que « Genève 1 était disponible ». « Ce qu'il faut maintenant c'est la volonté de la communauté internationale d'agir comme médiateur et mettre en oeuvre les accords de Genève 1. (…) Nous sommes prêts à faire tous les efforts permettant d'arriver à la paix », a-t-il ajouté.
Le vice-président a aussi réfuté les accusations selon lesquelles son pays soutiendrait des groupes terroristes. Il a précisé que le pays avait adopté une loi qui pénalise tout citoyen se déclarant proche d'une organisation terroriste ou y prenant part et une autre qui lui permet d'analyser de « très près les flux financiers et de s'assurer qu'ils ne soient pas transférés à ces organisations ».
En outre, alors que les pays arabes sont souvent critiqués pour leur manque d'accueil de réfugiés syriens, Mohammed bin Amin Al-Jefri a annoncé que, depuis le début de la crise, son pays avait accueilli 2,5 millions de citoyens syriens, qu'il « avait pris soin de ne pas les traiter comme des réfugiés ». « Ils ne veulent pas venir chez nous. Nous avons accepté ceux qui voulaient venir. Mais ils ont des espoirs et c'est pour cela qu'ils ont cherché la voie vers l'Europe », a-t-il ajouté, saluant les efforts européens pour accueillir les réfugiés, qui « reflètent le respect de l'UE pour les droits de l'homme ».
Si, lors de son intervention, le vice-président a aussi parlé de la situation au Yémen ou encore au Proche-Orient, il a évité de répondre aux questions des députés européens sur la situation du blogueur Raef Badawi ou de Ali al-Nimr, condamné à être décapité, puis crucifié. (Camille-Cerise Gessant)