Bruxelles, 29/09/2015 (Agence Europe) - Les ambassadeurs de l'UE au sein du Comité politique et de sécurité ont décidé, lundi 28 septembre, de lancer la première étape de la deuxième phase de l'opération EUNAVFOR Med de lutte contre les passeurs en Méditerranée à partir du 7 octobre 2015 (EUROPE 11397).
Ils ont aussi approuvé les règles d'engagement correspondantes. La première étape de la deuxième phase consiste en l'arraisonnement, la fouille, la saisie et le détournement en haute mer des navires soupçonnés d'être utilisés pour la contrebande ou le trafic humain en haute mer, conformément au droit international. Les contrebandiers et trafiquants présumés seront transférés aux autorités judiciaires italiennes.
Sur une proposition de la Haute Représentante pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, les ambassadeurs ont aussi décidé de rebaptiser l'opération EUNAVFOR Med « Sophia », d'après le prénom donnée à une petite fille née sur un des navires de l'opération, le Schleswig-Holstein, après une opération de sauvetage de migrants le 22 août. Ce changement de nom permet d'« honorer la vie des gens que nous sauvons, la vie des gens que nous voulons protéger et de faire passer le message au monde que la lutte contre les passeurs et les réseaux criminels est un moyen de protéger la vie humaine », avait expliqué Mme Mogherini, lors d'un point presse au quartier général de l'opération, jeudi 24 septembre. L'opération, en phase 1 - phase de collecte et d'analyse d'information et de renseignement - a permis, entre le 27 juillet et le 24 septembre, de sauver 2 186 personnes dont 472 femmes, 114 enfants et 4 bébés. « Cette année, sur les 121 725 personnes qui ont tenté le voyage (via la voie centrale de la Méditerranée), 2 620 sont mortes jusqu'ici », a rappelé la Haute Représentante, précisant que cela faisait un taux de mortalité de 2,2%.
Mme Mogherini a aussi précisé qu'en date du 24 septembre 22 États membres étaient impliqués dans l'opération Sophia: Allemagne, Belgique, Bulgarie, Chypre, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovénie, Suède et Royaume-Uni. Sur la phase 1, 1 318 personnes travaillaient pour l'opération et quatre navires étaient déployés. « À la suite de nos activités, 15 passeurs et trafiquants présumés ont été arrêtés par les autorités italiennes et 15 bateaux ont été saisis », a ajouté Mme Mogherini. (Camille-Cerise Gessant)