Luxembourg, 14/09/2015 (Agence Europe) - Fernand Etgen, président en exercice du Conseil Agriculture, a déclaré, lundi 14 septembre au Luxembourg, que des décisions étaient nécessaires dès le lendemain au niveau des ministres européens, car « le secteur attend des réponses » à la crise et les 500 millions d'euros prévus doivent être confirmés avant la lettre rectificative de mi-octobre (sur la mise à jour des dépenses agricoles).
Mardi, les ministres européens de l'Agriculture planchent sur le paquet de mesures pour soutenir les producteurs de lait et de viande porcine. Ce paquet est composé de mesures pour répondre aux besoins immédiats des agriculteurs et de mesures à plus long terme, notamment pour renforcer le pouvoir des agriculteurs au sein de la chaîne alimentaire.
Fernand Etgen a souligné, lors d'une visite d'exploitations agricoles dans le nord du Luxembourg, que des sujets du paquet d'aide restaient ouverts après le Conseil du 7 septembre, notamment les modalités du versement anticipé des aides directes ou les enveloppes nationales par pays. M. Etgen s'attend notamment à ce que la Commission présente mardi le montant des enveloppes par pays. Il a estimé qu'il y aurait notamment, parmi les critères, un pourcentage pour le secteur laitier et un pourcentage (bien moindre) pour le secteur porcin.
La hausse du prix d'intervention dans le secteur du lait, réclamée surtout par la France, reste toujours une piste, a dit le ministre luxembourgeois. Mais, par exemple, la ministre espagnole, Isabel Garcia Tejerina, a reconnu que la Commission ne voulait pas de cette mesure. Certains pays sont contre et l'ont redit lundi, comme l'Allemagne, le Royaume-Uni ou encore les Pays-Bas. Le ministre finlandais, Kimmo Tiilikainen, a, lui aussi, confié à un groupe de journalistes qu'il était contre une hausse du prix d'intervention. « Cela n'aidera pas en ce moment ». Son objectif (ainsi que celui des pays baltes) est d'obtenir la reconnaissance, dans les enveloppes par pays (et donc dans les aides ciblées prévues), que son pays a été sévèrement affecté par l'embargo russe sur les produits agricoles de l'UE.
Des paysans de l'EMB (European Milk Board) ont manifesté au Luxembourg lors des visites des ministres européens (ils ont même empêché le bon déroulement des visites en bloquant les routes), réclamant: - une régulation du marché du lait ; - un plafonnement de la production européenne de lait ; - le versement des 500 millions d'euros prévus en faveur des agriculteurs qui acceptent de réduire la production pour faire remonter les cours. Les agriculteurs vont mener des actions mardi à Luxembourg, près du lieu où se réunissent les ministres de l'Agriculture de l'UE. (Lionel Changeur)