Bruxelles, 01/09/2015 (Agence Europe) - À la lumière de la situation « critique » sur les marchés agricoles (en cause: l'embargo russe, mais aussi la demande en baisse en Chine, la sécheresse durant l'été et la baisse des prix dans certains secteurs), la Présidence luxembourgeoise propose aux ministres de l'Agriculture de l'UE de débattre, lundi 7 septembre à Bruxelles, d'éventuelles mesures supplémentaires afin de remédier à court et à moyen termes à « cette situation inquiétante ».
C'est ce qui figure dans le document de la Présidence luxembourgeoise, en vue de ce Conseil du 7 septembre consacré à la crise dans le secteur de l'élevage.
La Présidence admet que l'impact de la crise varie d'un État membre à l'autre et estime qu'une volonté politique est nécessaire au niveau national et de l'UE pour aider les agriculteurs européens à relever les défis actuels. « Les solutions potentielles devront être faisables, tenir dûment compte des spécificités nationales et respecter l'orientation vers le marché qui est au coeur de la réforme de la politique agricole commune », précise la Présidence luxembourgeoise. Elle ajoute qu'il faudra tenir compte des contraintes budgétaires.
Utiliser une partie de l'argent du superprélèvement ?
« À cet égard, on pourrait réfléchir à l'idée d'affecter au secteur du lait une partie des fonds du superprélèvement 2014/2015 (700 millions d'euros au total comme amendes en raison du dépassement des quotas laitiers) », suggère la Présidence luxembourgeoise.
Mesures à court terme. Parmi les mesures listées par la Présidence figurent: - alléger les difficultés de liquidités à court terme des agriculteurs en versant de manière anticipée (en septembre ou en octobre) les paiements directs de décembre et exploiter toutes les flexibilités disponibles pour le faire ; - fournir un financement du 'plan Juncker' pour aider à la modernisation de l'agriculture et à l'efficacité énergétique ; - renforcer les mesures de promotion à la fois à l'extérieur (pour lever les restrictions sanitaires et phytosanitaires et d'autres obstacles non tarifaires, notamment s'agissant de la viande de porc à destination de la Russie, du Belarus et du Japon (ainsi que du Vietnam et du Mexique) et à l'intérieur de l'UE (un accord politique sur la proposition concernant la distribution de fruits, légumes et lait dans les établissements scolaires devrait être atteint rapidement et prévoir un budget adéquat, conseille la Présidence luxembourgeoise) ; - augmenter temporairement le prix d'intervention pour les produits laitiers ; - envisager l'extension du filet de sécurité (mesures de marché) pour les fruits et légumes et les produits laitiers après le 30 juin et le 29 février 2016 respectivement.
Moyen terme. La Présidence suggère de réfléchir à d'autres mesures: le rôle de l'observatoire européen du marché du lait, l'accélération des travaux sur la transparence et l'équité tout au long de la chaîne d'approvisionnement et des mesures de simplification (en se concentrant en priorité sur les actes ayant l'impact le plus direct sur les coûts de production).
La Commission européenne est invitée à fournir aux ministres, le 7 septembre, des informations sur la situation sur les marchés agricoles, ainsi qu'un paquet réaliste de mesures. (Lionel Changeur)