Bruxelles, 01/09/2015 (Agence Europe) - Plutôt favorable aux idées du parti démocrate, le think tank américain Center for Economic and Policy Research (CEPR), basé à Washington, a jeté un pavé dans la mare cet été en dévoilant, le 13 août dernier, une étude concluant que les projections sur les gains du futur accord de libre-échange entre l'UE et les États-Unis (TTIP), « mêmes modestes », sont « grandement surestimés ».
Selon le CEPR de Washington, le TTIP ne permettrait que de modiques gains évalués à 40 cents par personne par jour aux États-Unis, et à 0,2 euros par personne par jour dans l'UE. Les partisans du TTIP en vantent les gains supposés, mais ces gains seraient facilement éclipsés par les pertes que la grande majorité des travailleurs éprouveront en raison de l'accroissement des inégalités, prévient le think tank américain, qui souligne aussi que les études initiales sur le TTIP n'ont pas examiné les coûts des protections pour les produits pharmaceutiques et d'autres barrières non tarifaires. « Les gains estimés du TTIP seront si faibles qu'il faudrait 38 TTIP pour compenser les dommages à long terme dont l'économie américaine a souffert au cours de la dernière décennie », commente le co-directeur du CEPR de Washington, Mark Weisbrot.
Pilotée par l'économiste David Rosnick, l'étude du CEPR de Washington examine une étude largement citée du Centre for Economic Policy Research de Londres, qui n'est pas affilié au centre d'étude américain, et qui anticipe, dans le cadre d'un scénario ambitieux à l'horizon 2025, une hausse moyenne de la consommation par jour de 20 à 40 cents par personne aux États-Unis et de 0,1 à 0,2 euros par personne dans l'UE. Selon le CEPR de Londres, les réductions tarifaires dans le cadre du TTIP augmenteraient le PIB américain de seulement 0,04% d'ici 2027 et la consommation d'un peu plus d'un dollar par personne et par mois aux États-Unis, note M. Rosnick. Aux yeux de ce dernier, ces projections optimistes proviennent d'une « sous-estimation importante » des coûts de la protection des brevets pour les produits pharmaceutiques, de l'application du droit d'auteur et d'autres protections sous le TTIP « qui pourraient augmenter le prix d'un produit par des milliers ou des dizaines de milliers de pour cent ». (Emmanuel Hagry)