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Bulletin Quotidien Europe N° 11363
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

L'UE veut des objectifs contraignants, les États-Unis n'en veulent pas

Bruxelles, 20/07/2015 (Agence Europe) - À cinq mois de la COP 21, des divergences majeures subsistent entre l'UE et les États-Unis quant au statut juridique que revêtiront les objectifs individuels des différentes parties au futur accord climatique universel à conclure à Paris en décembre. La première veut des objectifs individuels juridiquement contraignants. Pour les partenaires américains, il n'en est pas question.

La réunion ministérielle du Forum des économies majeures (MEF selon le sigle anglais), qui réunissait les 18 et 19 juillet à Mondorf-les-Bains (Luxembourg) les grands pays émetteurs et les pays en développement l'a clairement montré, même si Américains et Européens l'ont jugée « constructive ». Cette réunion était coprésidée par Carole Dieschbourg, présidente en exercice du Conseil Environnement, Caroline Atkinson, conseillère des États-Unis pour les Affaires économiques internationales (sherpa pour le G8 et le G20) et Todd Stern, l'envoyé spécial des États-Unis pour le changement climatique

Adaptation, réduction des émissions, règles de transparence, soutien financier: tous ces éléments clés du futur accord ont été débattus. Ce fut une réunion « productive bien que des opinions différentes aient été exprimées», a reconnu Carole Dieschbourg, qui, au nom de l'UE, a plaidé pour un accord cadre universel, juridiquement contraignant, dynamique, transparent, résilient et révisable tous les cinq ans. « Il faut maintenant accélérer les négociations et, donc, voir quelles sont les options politiques possibles », a-t-elle dit. Et de rappeler que l'UE est en faveur d'un accord juridiquement contraignant tant pour ce qui concerne les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que la responsabilité, les obligations de reporting et la transparence - autant d'éléments essentiels pour la comparabilité des efforts nationaux et la crédibilité du futur accord.

Il en va autrement pour les États-Unis. Selon Todd Stern, les objectifs de réduction des émissions de CO2 ne devraient pas être contraignants. Seuls devraient l'être les éléments concernant la transparence, les obligations de rapport et de vérification. Et, à son avis, la possibilité de mises à jour régulières et d'examens « individuels et collectifs » devrait être incluse dans l'architecture de l'accord.

Le futur Protocole de Paris devra être « un signal de départ fort », a-t-il déclaré. Car il est d'ores et déjà acquis que l'objectif de maintenir la hausse moyenne des températures en dessous de 2 degrés Celsius ne sera pas atteint à Paris. C'est la raison pour laquelle tant l'UE que les États-Unis parlent d'un accord « dynamique », appelé à se renforcer dans le temps pour viser la neutralité carbone vers la fin du siècle ou avant. De l'aveu d'un expert français « si la COP 21 sera une conférence clé, elle ne va pas tout résoudre. Ce sera un point de départ, pas la fin du processus. Elle jettera les bases d'un processus à renforcer ».

Trois autres réunions du MEF sont prévues d'ici à la COP 21 (30 novembre-11 décembre). Créé à l'initiative des États-Unis en 2009, le MEF est une plate-forme de dialogue comptant 17 participants permanents totalisant 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre [ Australie, Brésil, Canada, Chine, UE (représentée par la Commission et la Présidence du Conseil de l'UE) France, Allemagne, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Corée du Sud, Mexique, Russie, Afrique du Sud, Royaume-Uni, États-Unis) et des pays observateurs. (Aminata Niang)

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